Cette matinée fut un peu stressante. Il fallait que je prépare les dernières affaires pour la journée USEP de mon fils (Union Sportive de l'Enseignement Public) sachant que sa classe y participait parmi d'autres écoles.
Etourdie comme je le suis, il ne fallait pas que j'oublie quelquechose. Machinalement, j'ai regardé à deux fois la composition du sac de pique-nique, qui contenait autant les affaires de mon fils que les miennes. Il a fallu que je prenne aussi ses livres de bibliothèques et son cahier du jour. Nous étions bien chargé pour une simple journée sportive.
Pour être sûr, savoir si mon fils avait changé d'avis, au cours du trajet, je parlais de la journée à venir à mon fils et lui demanda une nouvelle fois s'il était content de ma présence, en lui soulignant que je ne serais pas forcément dans son équipe ou à ses côtés. Sa réponse resta identique à celle de la veille : il n'était pas du tout ravie de ma présence.
Tampis pour lui ! Quoiqu'il en soit, je le faisais en partie pour lui mais surtout pour aider la maîtresse qui avait sollicité mon aide.
En arrivant à l'école, je me précipitais à demander à la maîtresse à savoir à quelle heure elle aurait besoin de mes services. Il me restait une bonne demi-heure avant de pouvoir rejoindre la classe de mon fils.
Tout en me dépêchant en connaissant les rues par coeur, je descendis au centre ville à mon café habituel. J'étais rassurée de savoir que c'était la patronne : je n'avais pas prévue de descendre en ville donc je n'avais pas pris de sac à main. Je n'en avais pas besoin devant être toute la journée accompagnatrice pour la sortie de la classe de mon fils. Je savais que si c'était la patronne, la connaissant assez bien et connaissant la confiance qu'elle m'accorde, il n'y allait avoir aucun souci pour pouvoir m'avancer d'un café. Juste le temps de me détendre avant de pouvoir remonter à l'école de mon fils.
En arrivant à l'école de mon fils, tout les enfants étaient regroupés dans le hall d'entrée qui leur sert comme préau ou comme salle de sport, voir comme salle pour faire la sieste. Ils étaient tous assis sur les bancs prévus à cet effet. J'ai cru comprendre que la maîtresse n'attendait plus que ma présence. Un parent d'élève était déjà là. Machinalement, je regardais ma montre : j'étais bien à l'heure.
L'appréhension de mon côté, n'ayant jamais pratiqué ce genre d'organisation, se ressentait un peu mais je tentais de garder confiance en moi. Après tout, j'ai réussi à gérer une vingtaine de gamins comme j'avais une quinzaine d'années, seule, lors d'un stage dans une ludothèque ; je devrais pouvoir gérer une dizaine de bambins encadrés par des institutrices...
Nous avons donc pris un bus scolaire pour nous rendre au gymnase le plus fréquenté : celui qui se trouve non loin de chez nous, juste à côté du collège. Dans celui-ci se trouvait aussi les enfants de la classe grande section de l'école des Perrières, je crois.
Pour faire un poisson d'avril, les élèves déjà présents s'étaient cachés derrière les sièges et ont réapparus dès que nos élèves étaient assis. Cela m'a permis de me détendre avant d'arriver à destination. Je fus rassurée de pouvoir avoir une place devant dans le bus ne supportant peu ce mode de transport. Je pensais que l'on allait s'y rendre à pieds mais après réflexion c'était mieux ainsi : en fin de journée les enfants allaient trop fatigués.
Dans un premier temps, nous nous sommes tous installés sur les estrades placés au dessus dans la grande salle principale du gymnase. La maîtresse nous débriefa très vite sur le déroulement et l'organisation de la journée. Il fallait minimum un parent par équipe et quelques parents pour certaines activités comme assistant.
Dans un deuxième temps, l'institutrice nous fit le tour global de toutes les activités (dites : Atelier). Il y avait huit ateliers dans la grande salle, deux dans la petite salle de gymnastique (la salle que je maudissais pendant toute la période scolaire), une dans chaque vestiaire , une dans la salle de Dojo (la salle de lutte) et trois dans la salle de boxing.
A chaque passage de chaque salle, cela me réveillait des souvenirs. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir avoir de la nostalgie en retournant dans ce gymnase. Il est vrai que la discipline sportive n'était pas ma favorite et n'est pas non plus, celle où j'ai les meilleurs souvenirs, bien au contraire. Les seuls bons moments que je me souviennes étaient ceux quand nous faisions du handball ou du volleyball. Même le badmington n'en fait pas partie alors que j'aime ça.
Mon fils est loin d'imaginer le bien que ça m'a fait de pouvoir l'accompagner à cette sortie se déroulant dans ce gymnase.
Pour terminer, les institutrices nous attribuait à tous nos tâches. Avec ma perte de confiance en moi, je fus assez maligne pour éviter d'avoir une équipe à charge. Je n'avais pas envie de faire de discipline de peur de ne pas être à la hauteur : soit trop sévère, soit pas assez. Il est difficile de concilier autorité, discipline et détente, surtout en cette occasion. Je le savais très bien.
Au final, je me retrouvais, malgré tout, à la discipline que j'appréciais le moins : l'atelier 8 qui fut l'atelier gymnastique.
Nous étions toujours deux par atelier. Je me retrouvais avec l'assistance maternelle de l'école de mon fils.
J'avoue que je redoutais d'être avec cette personne ayant remarqué son manque de vitalité dès la première fois que je l'avais vu à l'école. C'est le genre de personne que je nomme "personne molle" et qui a tendance à m'ennuyer même si je ne suis pas quelqu'un de super tonique pour autant mais y'a quand-même un minimum.
La matinée passa très vite. Je n'ai pas vu passer les deux heures avant l'heure du déjeuner. Sans le vouloir autant, j'ai réussi à dynamiser l'atelier. Presque tout les groupes sont passés au minimum deux fois et certains voulaient même y revenir. J'avoue que j'étais plutôt fière de moi.
L'heure du déjeuner se déroula très bien. J'avais même de l'appétit. C'est sûr, j'avais fait de l'exercice physique en montrant les figures à certains enfants où en faisant en même temps qu'eux pour certains afin de les motiver à la tâche. Sans parler que je n'avais pas fumer de la matinée. L'envie était bien là mais je n'en avais pas eu le temps. J'avais qu'une hâte, pouvoir aller fumer dès que nous pourrions aller à l'extérieur comme l'avait prévue la maîtresse en cas de beau temps.
Une fois, les enfants dans la cour dehors, prenait l'air et se défoulant librement, une autre maman et moi, nous nous sommes arrangés pour s'éclipser pour fumer une cigarette. C'est une maman d'un camarade de mon fils mais avec qui je n'ai pas d'affinité et il est très rare que nous nous saluons mais là, lui ayant fait part de mon envie de fumer, nous commençions à nous rapprocher. Je pense qu'elle pensait de cette occasion pour pouvoir faire connaissance mais pas de chance pour elle, Maître m'appela au même moment. Etant disponible et libre, je passais mon quart d'heure de libre au téléphone avec Maître. J'étais ravie de pouvoir être, plus au moins, en tête à tête avec Maître et d'avoir de ses nouvelles, de pouvoir entendre sa voix.
Malheureusement, la communication fut coupée pour je ne sais quelle raison.
Après ma communication interrompue, je suis allée rejoindre l'ensemble de l'équipe. C'est là, où je me suis amusée du comportement de mon fils. N'étant pas satisfait de ma présence, il était hors de question que j'intervienne le concernant, quelque soit la raison. Pas de chance pour lui, un de ses camarades l'avait dénoncé à la maîtresse, ayant perdu son foulard (le foulard était l'accessoire pour distinguer l'appartenance aux équipes). Ce qui fut le plus ironique pour moi était que mon fils se fasse reprendre par surprise par son institutrice en ma présence. J'ai bien vu qu'il cherchait où je me trouvais après s'être fait disputer. C'est la première fois que je le voyais aussi vexé, voir même humilié : sa fierté en avait pris un coup. Pauvre petit... (sourires) !
Cet écart fut vite oublié dès que nous sommes tous retournés à l'intérieur du gymnase pour nous remettre aux ateliers. Systématiquement, je me repositionnais au même emplacement, avec l'assistante maternelle. Là, étant un peu plus calme nous concernant, j'ai pu en profiter pour faire quelques photographies et pour filmer.
C'est peu de temps après, alors que j'assistais des élèves à faire quelques figures que la maîtresse de mon fils me sollicita vivement pour que j'aille aider un autre accompagnateur.
Le grand-père d'un des élèves se retrouvait tout seul pour gérer son équipe. Sans le vouloir, il se retrouvait avec l'équipe la plus turbulente selon l'équipe pédagogique. J'en avais entendu quelques échos pendant la pause déjeuner donc je savais à quoi m'attendre plus ou moins.
Cette équipe se retrouvait dans la petite salle verte (la salle de gymnastique : là où à l'époque je devais faire des exercices sur les échelles, les cordes, les poutres et les barres symétriques). De suite, en entendant le vacarme, j'ai commencé à faire de la discipline. Les enfants ont très bien compris que la donne avait changé et qu'ils n'avaient plus le pouvoir.
L'accompagnateur en question a remarqué la facilité de gestion depuis ma présence. Il m'a même félicité sur ma gestion de l'équipe qui lui permettait de souffler. Il manquait juste un peu d'autorité et de fermeté. Cela m'a fait sourire : j'ai cru retourné quelques années en arrière lorsque je m'occupais des enfants en centre aéré, âgés entre trois et six ans....
L'après-midi passa aussi vite que la matinée. A peine le temps de faire deux activités qu'il était déjà l'heure de se préparer pour le retour. Pendant que les institutrices rangeaient le matériel (tapis, ballons, balles, cerceaux...), avec l'assistante maternelle, je veillais sur les enfants de la classe de mon fils, s'étant regroupé par école respective.
Une fois tout ranger, nous pouvions récupérer les affaires et nous rendre au bus.
A ma grande surprise, à la sortie du bus, étant à l'avant, une nouvelle fois, je pris l'iniative de me mettre en tête, dirigeant les enfants, en partie avec la maîtresse. Je pris le soin de faire le nécessaire pour les mettre en rang et le faire avancer pour laisser repartir le bus, sans la demande de la maîtresse. Ensuite nous les firent traverser et nous étions arrivés à l'école.
Restant une vingtaine de minutes avant la fin de la journée, je laissais la maîtresse et repartie me promener. Je décidais de me rendre au centre ville : j'avais aperçu mon père le long du trajet lorsque nous étions dans le bus et quand nous en sommes descendus (il ne m'avait pas reconnu ayant du mal avec mes changements de couleur de cheveux).
Une fois les vingts minutes passées et après avoir rattraper mon père en ville, je pus aller chercher mon fils afin de nous rendre à l'appartement.
Je n'en pouvais plus. Le long du trajet du retour, mon fils et moi commençions à resentir les courbatures. Mon fils se plaignait avoir mal aux pieds. Me concernant, j'avais le corps en compote : les molets, les cuisses, les pieds et même les bras. Je n'avais qu'une envie : m'allonger dans un bon bain relaxant.
Le grand-père de mon fils vint le chercher une bonne demie-heure plus tard.
Dès que je me suis retrouvée seule, j'en ai profité pour m'allonger calmement sur mon lit. Je n'en pouvais plus. J'avais besoin de repos afin de pouvoir me remotiver pour ma réunion de la soirée à propos des ustensiles culinaires.
Au même moment Maître m'appela. Impossible donc de pouvoir me reposer tranquillement. Tampis, je pourrais me reposer plus tard même si je savais qu'il me restait peu de temps afin de pouvoir tout préparer.
Justement, je me fis au rangement de l'appartement pour qu'il soit présentable au mieux possible. Surtout concernant la cuisine. C'est toujours l'endroit de l'appartement que j'ai dû mal à ranger correctement n'ayant pas les même souhaité pour ranger à ma convenance. Sans compter des nouveautés demandés par Maître. C'est limite si je ne manquerais pas de place...
Je venais de finir de laver ma table pour être sûre qu'elle soit de convenance dès l'arrivée de mes invitées, quand l'animatrice arriva. Elle commençait par se préparer à son tour en positionnant les produits sur la table. J'en profitais pour finir de ranger la cuisine, c'est à dire préparer les ingrédients que j'avais besoin pour faire la recette de démonstration (j'avais bien retenue la leçon de Maître).
Je n'ai pas eu le temps de faire quoique ce soit car mes invités sont arrivées les unes après les autres. Ce fut le tour par ma collègue et ma voisine peut de temps après. Mon autre invité, la connaissance de ma voisine est arrivée lorsque nous commencions la recette. Maman la suivit de quelques minutes.
La réunion en elle-même se passa très bien. Nous avons toutes commandés. J'ai même eu des commandes de personnes ne pouvant se présenter. Le montant de la commande fut important, j'avais une offre commerciale qui m'était plus qu'alléchante : si j'arrivais à avoir un rendez-vous et grâce au montant total de toutes les commandes, je pouvais avoir la cocotte que je convoite tant à un quart du prix initial. L'offre était très intéressante mais je n'oubliais pas mon mode de vie avec Maître. Ma voisine avait très bien compris mon hésitation. J'ai finalement accepté, après avoir réfléchi longuement. N'ayant pas abusé, au cours des jours précédents, je profitais d'avoir un peu de liberté pour m'accorder cet écart.
J'hésitais longuement car je savais, lors de notre choix commun, que Maître n'était pas favorable pour cet investissement. Je me rappelle encore de ma déception, voulant cette cocotte de puis des années... Je savais que j'allais finir par culpabiliser lorsque je devrais le dire à Maître mais il m'était très difficile à résister à cette exception avec tout les efforts que j'ai pu faire depuis que je suis soumise à Maître.
Une fois tout le monde partie, je n'ai pas eu la force et le courage de pouvoir faire mon article et mon mail. Je profitais donc de ma semaine de liberté, une nouvelle fois, pour reporter la rédaction de celle-ci au lendemain.

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