
Comme à son habitude, le premier réveil sonna. Je me dis que j'avais encore le temps de me réveiller en douceur attendant le deuxième réveil, une bonne demie heure plus tard (ma roue de secours si jamais j'ai le malheurs de me rendormir sachant que Maître... sourires). J'attendais mais rien ne vit. Par fatigue, je me suis donc de nouveau plonger dans mon sommeil.
Mon fils me réveilla en me faisant sursauter : je me retournais, regardant mon téléphone portable, pour être sûr, je regardais de nouveau ma montre. Je bondis de mon lit d'un coup tout en ayant un bon mal de tête qui me frappait au même moment. Je préparais de quoi déjeuner vite fait histoire de ne pas partir le ventre vide. En même temps, je nous apprêtait au plus vite que je le pouvais : je n'avais qu'une vingtaine de minutes devant moi pour partir sans être retard pour mon fils.
A peine, trois gorgées de café avalées que mon téléphone portable vibra. Je vis que mon amie avait essayé de me joindre. Ce n'est pas dans son habitude de m'appeler de si bon matin. Je la rappela de suite pour savoir ce qu'il se passait. J'étais déjà en mode panique de mon côté. Tampis, ce fut sûrement urgent.
Il s'avère qu'elle aussi venant de se louper. Suite au changement d'horaires, elle a dû omettre de changer l'heure de son portable : le réveil n'avait pas sonné. Elle m'avertit qu'elle était en retard. Je l'ai coupé de suite en lui signalant que moi aussi et que si je voulais, plus ou moins être à l'heure, je ne pouvais tarder.
Une fois raccrochée, je me suis demandée pourquoi elle m'appela pour ça. Je pense qu'elle comptait que j'étais sur le point de partir (qui aurait dû être normalement le cas) et pensait me demander de prendre son fils pour le descendre à l'école afin d'éviter plus de retard. Pas de chance, j'étais dans le même cas qu'elle.
La tête toute embrouillée, encore le teint pâle, à peine réveillée, nous voilà, parti direction l'école. Je prévenu mon fils qu'il fallait réellement se dépêcher car Maman, était fatiguée, avait loupé le réveil et on était en retard.
Mon fils courant à mes côtés, comme s'il faisait son jogging du matin, moi marchant le plus vite que je pouvais selon mon état, nous avons accélérés tout le long du trajet.
Je fus fière de nous tout de même : nous arrivons à même pas cinq minutes de retard et encore, il y avait encore deux parents derrière moi.
Une fois que j'avais bien craché mes poumons pour emmener mon fils dans le meilleur des temps, je pouvais me rendre au travail plus calmement. Et encore il faut le dire vite. Tout en toussant, comme une malade (c'est le cas de le dire), je me dépêchais pour éviter d'être pile à l'heure. Il me fallait un peu de temps pour pouvoir souffler (et c'est pas peu dire), reprendre ma respiration et me remettre psychologiquement en condition de travail : en mode "hôtesse de l'air".
Je fus rassurée quand je vis sur le panneau d'affichage électronique, n'ayant encore pas subi le changement d'horaire, qu'il me restait encore cinq bonnes minutes.
Quand c'est ainsi, pour me calmer, me maîtriser, j'aime me rendre en salle de pause qui est maintenant muni d'un canapé et de fauteuils ainsi qu'une petite table. On se croirait vraiment dans une salle d'attente. J'aime m'y rendre car il me plait de me rappeler quand Maître m'accompagnait, que je faisais le tour pour le rejoindre afin que je puisse en profiter quelques minutes avant de prendre la production, me prenant dans ses bras et m'encourager au mieux de son possible. Ces quelques images sont à jamais mémorables pour moi et essentielles, elles m'aident beaucoup...
La journée fut assez calme en elle-même. Il y a juste que j'étais seule, pendant que mes collègues étaient parties à leur tour en pause déjeuner que ce fut un peu bouscoulé. J'ai dû faire appel à mon amie, formée sur cette opération aussi à l'occasion, à la rescousse pour éviter de perdre le moins d'appels. Je savais que son traitement des appels serait plus longs que les miens (hormis si je tombais sur des cas) suite à son manque d'expérience dessus et surtout son manque de confiance en elle. Justement, j'aurais pû très bien demander de l'aide à quelqu'un d'autres en prétextant que mon amie était déjà en communication s'étant mise en émission. Nullement, il faut qu'elle se reprenne en main dès maintenant pour éviter des crises d'angoisse d'ici la fin du mois qui approche à grand pas. Le fait que je sois à ses côtés et que nous étions seules, l'aide également.
Lors de ma pause du matin, je me renseignais auprès de ma chef pour savoir ce qu'il advenait de ma demande de mon jour de congés pour ce vendredi. Je leur avais laissé une quinzaine de jours. Je trouvais étrange de n'avoir pas encore de réponse, connaissant la cadence de la production actuellement. Je lui demandais, en l'absence de ma supérieure (elle n'était encore pas arrivée, elle faisait la fermeture du site donc n'arrivant pas avant midi).
Je me revois très bien transmettre ma feuille de demande à ma supérieure et celle-ci la transmettre dans le casier concerné sur le bureau de ma chef. J'ignore ce qui s'est passé mais au final, elle n'a rien eu. Je lui ai mis gentillement un coup de pression en lui disant que j'avais fait les choses en temps et en heure que je n'avais rien à me reprocher et qu'il était important que je puisse avoir une validation à condition que je repose mon jour à l'instant même.
Je n'ai pas mis longtemps : je l'ai mise sur le fait accompli. Pris sur ma pause, je pris une feuille de demande de congés et je la remplis en un éclair et lui transmettant de suite en soulignant qu'il me fallait une réponse au plus tard pour demain après-midi avant 16h30 (date à laquelle je dois prévenir la maîtresse de mon fils à l'occasion de sa journée de sortie).
Une heure avant la fin de journée, le manque de maturité de mes collègues me fit sourire. Il vaut mieux en rire qu'en pleurer finalement. Hors de question que je me morfondes pour eux en tout cas, c'est clair ! Je ne suis pas tombée aussi bas !
Ma supérieure fit part qu'elle devait se rendre d'ici peu à Rouen, là où se trouve le centre de traitement pour lequel nous travaillons sur l'opération dont nous sommes affectés actuellement en réception d'appels. Elle demanda s'il y avait des volontaires et précisant que les frais de déplacement étaient pris en compte et remboursés.
Forcément, les tires au flanc ne mirent pas longtemps à se manifester. Notamment, celle qui en fait le moins et qui s'entend le plus avec ma supérieure. Ensuite, le seul homme (en téléconseiller) étant dans mon équipe et travaillant aussi sur cette opération, nous donna part de son avis positif. Je n'avais encore pas parler. Je les laissais faire et voyais comment ma supérieure allait gérer sa bétise d'avoir donner cette information à la volée au lieu d'en faire part officiellement. C'était limite à celui qui donnait le plus d'arguments favorables pour faire pencher la balance de son côté. Quand je les entendis, je ne pus sourire ouvertement et ma supérieure s'en aperçut. Elle savait au fond d'elle que j'avais raison : elle savait pourquoi je ne pus m'empêchait d'avoir un air perverse.
Discrètement et pour les calmer, elle nota tout les noms des téléconseillers sur le tableau de notes et faisant un tableau à double entrées pour forcer à respecter les procédures et les demandes de ma supérieure. Celui qui aura le plus de point positif, partirait avec elle. C'est là qu'elle me demanda si j'étais d'accord de partir si j'en avais l'occasion. J'en parlerais à Maître bien évidemment, mais je ne vois pas pourquoi il s'y opposera donc sur le fait, pour lui montrer que je portais aussi de l'intérêt à sa proposition et aussi pour faire comprendre à mes collègues que j'étais aussi de la partie s'il le fallait. Bizarrement, en entendant ma réponse positif, à leur grand étonnement, et selon ce que venait de leur lancer comme défi, ils savaient qu'ils avaient d'un coup moins de chance à être en tête de liste... mais ils n'en firent rien ouvertement pour autant : cela se voyait sur le visage.
Je pu partir avec un visage se lisant sur mon visage et leur souhaitant bon courage, n'ayant pour en partie, eux, pas terminer leur journée.
Mon fils faisait du soutien scolaire, comme tous les lundis, il fallait que j'aille rejoindre la nounou à la sortie de mon travail. Physiquement, la reprise, plus mon manque de forme m'ont affaibli malgré que je veux mieux. J'espèrais pouvoir voir une de mes collègues (ma voisine) pour savoir si cela ne la dérangeait pas de me déposer à l'école de mon fils. Dans le cas échéant, j'y serais aller, comme prévu à pieds mais qui ne tente rien à rien. J'aurais été en forme, je n'aurais rien demander et me serais débrouiller seule.
Devant aussi se rendre au même endroit pour récupérer sa soeur, elle accepta. J'étais rassurée : un mal de tête me sonna d'un coup et j'avais le ventre tout retourné.
Je retrouvais donc la nourrice devant la grille de l'école. Voyant l'heure, elle alla chercher mon fils devant sa classe. J'en aurais failli oublier de transmettre mon autorisation de sortie à la maîtresse et lui donner la bonne nouvelle que je pouvais les accompagner. Elle était très satisfaite et me remercia sincèrement. Sa joie se lisait sur son visage. Je fus contente de pouvoir la voir ainsi et voir que mon investissement ne serait sans vain.
En rentrant, je ne pensais qu'à une chose : me reposer ! Je n'en pouvais plus. J'avais la tête en compote comme si je recevais des coups de jus à répétition.
Je décidais alors de m'allonger, après avoir pris des médicaments pour calmer la douleur, avant de m'apprêter au repas. Au moment où j'arrivais à fermer les yeux, à faire le vide, Maître m'appela. Il m'appela deux fois. Le premier rappel fut bref n'ayant peu de temps et des collègues attendant leur tour pour appeler aussi. Il me rappela donc quelques minutes après pour pouvoir terminer la conversation qu'il avait entamer.
Il me confia qu'aujourd'hui il contacta son ex-femme. Il me précisa et me fit comprendre, qu'il lui avait fait de la peine tout en voulant prendre des nouvelles, restant en contact. Cela me fait bizarre mais dans sa voix je sentis comme un sentiment de culpabilité de la faire souffrir et d'un autre côté un sentiment de satisfaction, comme si son sadisme revenait au galop même avec des personnes vanilles comme son ex-épouse. Je ne me trompais guère : il m'avoua quelques instants après qu'il était le seul à pouvoir réussir à la faire craquer, à la faire sortir de ses gonds, à la faire pleurer...
J'ignore leur sujet de conversation concrètement et cela ne me regarde pas tant que Maître n'aura pas décider de m'en parler. Même si on se dit tout, je trouve normal qu'il ait sa part d'intimité, de jardin secret, lui aussi ! Cependant, je me mets à la place de ma précédente. Je n'aimerais pas du tout et cela me ferait souffrir et mon ex mari, auquel je tiens toujours me faire comprendre qu'il sera toujours pour moi quoiqu'il en soit, qu'il ferait tout pour prendre soin de moi, prendre des nouvelles régulièrement même s'il n'y a plus aucun espoir.
Je peux me tromper mais je trouve très vicieux et malsain que Maître puisse "jouer" (même si je sais que ce n'est pas le mot qui convient le mieux) avec les sentiments des autres, notamment des êtres qui l'aiment afin de pouvoir de nouveau se sentir exclusif, se sentir au dessus de tout, faisant part de sa forte prétention à tout savoir mieux que quiconque, notamment vis à vis du sexe féminin. Je n'aime pas ça, je n'aime pas dire du mal à de Maître mais je l'accepte comme il est : avec ses qualités et ses défauts...

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