A peine rentrée, j'étais contente de pouvoir parler à Maître. Je n'ai pas eu le temps de lui raconter ma journée comme d'habitude, ce qui me soulageait et pour moi étant synonyme que ma journée professionnelle était achevée. Il me demanda de suite d'aller sur le blog. Perplexe mais ne pouvant faire autrement, j'obéis sans hésiter mais me posant multiples questions. Il m'annonça que je devais lire l'article qu'il avait écrit en cours de journée.
J'étais déjà à bout de nerf, fatiguée psychologiquement parlant et physiquement (subissant encore la dernière sanction en date). Plus j'avançais dans la lecture, plus les larmes montaient. Arrivant à la fin de l'article, les sanglots coulèrent à flots. Aucun son sortit de ma bouche. Impossible de dire quoique ce soit. Je tentais au mieux pour lui répondre par msn avec toutes mes mains qui tremblaient comme une feuille.
Il m'a demandé de suite à ce que je puisse le contacter par téléphone. Je savais que cela allait être difficile pour moi mais je devais y faire face pour au moins tenter avoir quelques explications compréhensibles de vives voix.
J'ai réussi à passer le barrage de standart en couvrant ma voix fragilisée par mes larmes (défaut professionnel). En entendant le son de sa voix, j'ai tout de suite compris que l'air fut grave et que ce que je venais de lire, n'était pas une imagination de ma part. Quand il me confirma que j'étais bel et bien libre dorénavant les sanglots reprirent de plus bel.
Je savais bien qu'il s'était préparé à ce que je le prenne mal mais je pense qu'au fond il ne pensait pas que j'allais craqué aussi de manière intense.
Malgré ses explications, qu'il tentait d'éclaircir et de positiver au mieux pour me m'aider, je ne comprenais toujours pas sa décision. Je n'avais qu'une envie : m'enterrer la tete dans mon oreiller et me laisser aller, les larmes longeant mes joues.
Je savais que Maître ne souhaitait pas cette réaction. Je lui en voulait de me décevoir et me faire du mal, car oui j'avais mal ! Méchante comme je peux l'être, j'avais qu'une envie de lui rendre le mal qu'il me faisait suite à mon incompréhension totale mais je m'en sentais incapable. C'était plus fort que moi : je me disais que je devais le satisfaire une dernière fois en tant que soumise.
En peu de temps, sur de longues heures qui me paraissaient interminables, je suis passée par diverses émotions : l'incompréhension totale, la déception, la rancoeur et la peine.
Je me sentais totalement perdu alors que Maître ne cessait de me répéter qu'il en tant pour nous, pour notre couple, d'en être là, qu'il pense que je suis arrivée à mes limites, que je me suis dépassée encore plus qu'il ne l'aurait pensé et imaginé, qu'il le fallait pour le bien de tous.
Il ne m'a pas caché le qu'il avait des doutes sur la poursuite et les conséquences d'une telle décision de sa part mais qu'il y avait longuement réfléchie et qu'il en soit ainsi. Pour lui, il était nécessaire qu'on privilégie notre couple.
Je ne me voyais pas du tout vivre en couple vanille avec Maître avec tout les efforts que j'ai pu faire depuis l'année précédente, jour pour jour ! Je me sentais fortement délaissée alors que je savais que notre couple pourrait y survivre quand même. Nos sentiments sont trop fort et nos bases sont solides : impossible que notre couple ne puisse survivre à nos futures embuches avec tout ce que nous venons de vivre ces derniers temps notamment suite à (maintenant) mon ex meilleure amie.
Je n'avais d'autres choix que de subir cette décision que je ne comprenais pas et qui me faisait souffrir.
Plusieurs images et pensées m'envahissaient alors ma tête. Ce fut le chaos total psychologiquement. Je me sentais perdue et un sentiment d'échec malgré tout. Je fus persuadé, que si Maître avait réussi à arriver à une telle décision, qui est fortement contraire avec tout ce qu'il a pu m'expliquer pour son fonctionnement dès le début, c'était que je n'avais pas été à la hauteur de ses attentes malgré toutes mes applications. Ne pas être à la hauteur des attentes de son Maître est le pire que tout pour une soumise : c'est la pire frustration et déception d'avoir déçu son Maître. Maître me répéta des millions de fois que ce n'était pas du tout ça. Malgré la confiance que je lui portais, je me convainquais qu'il me disait ça pour m'alléger, pour me soulager afin que la pilule passe mieux.
Mes questions : pourquoi maintenant ? pourquoi une telle décision sans m'y parler franchement d'avance, vu qu'on se dit tout ? pourquoi m'avoir dit que pour lui la soumission serait pour la vie, qu'il ne pourrait pas revivre une histoire vanille alors qu'il me demande le contraire ? comment avais-je réussi à le décevoir à ce point pour qu'il en vienne jusque là ? Comment pourrais-je supporter de revivre en couple vanille alors que cela m'effraie et pourrais continuer le satisfaire en vivant avec le poids de cette liberté ? Pourquoi m'avoir conditionné ains, pendant de longs mois pour me lâcher dans le précipice après ?
Maître m'expliqua que maintenant libre, si je le souhaitais je pouvais, à ma guise, trouver un autre dominateur ou un autre Maître, qu'il n'aurait aucune suggestion à ce sujet et inversement de son côté tout en respectant le fait que nous soyons en couple. En d'autres termes, me voilà, sans l'avoir souhaiter, ni voulu, ni demander, en couple vanille en union libre...
