
Avec une nuit coupée en deux, pas étonnant que le réveil soit difficile. Bien entendu c'est toujours quand il faut se lever que je le dors le mieux !
Avant même de devoir me préparer, j'avais déjà aucune conviction pour cette journée.
Comme prévu la veille (et pas une semaine avant...), mon fils et moi avons rejoint Maman qui m'attendant devant le hall pour partir ensemble. C'est plus agréable de partir ensemble sachant que nous faisons le même trajet : moi devant emmener mon fils à l'école et Maman devant aller à sa formation au lycée dans la même rue, à quelques pas de la maternelle.
Cela me fait du bien de pouvoir passer du temps avec ma Maman, même si elle ne fait que de parler de son stress par rapport à sa formation (j'ai l'impression de revoir mon amie, mais bon...).
Sans grande motivation, après avoir accompagner mon fils, je suis restée quelques minutes avec Maman avant d'aller travailler. Cela m'a paru étrange d'avoir le réflexe de vouloir allumer une cigarette mais je ne le pouvais pas. Je me sentais frustrée en plus d'une colère que je n'arrivais pas à expliquer.
Le long du trajet, je n'étais pas du tout à l'aise par rapport à ma tenue (j'étais en robe). Je me sentais comme mise à nue. Me sentir les membres de mon corps, sans soutien, sans protection, cela me gêne autant, je n'arrive pas à m'y faire. Pour moi, c'est comme si je n'étais plus moi-même.
Quand c'est ainsi, sur mon lieu de travail, je n'ose plus bouger. Je n'ai pas envie de sentir des regards lourds à espionner de la tête aux pieds pour juger ce que je porte (ce qui est tout fait le genre de la maison) et je n'ai nullement envie de me justifier sur ma tenue. Je n'ai pas envie que les gens parlent ou fassent circuler des rumeurs à cet effet.
Le fait de me sentir toute plate et sans valeur, je ne le supporte pas et je ne l'assumerais jamais ! C'est naturel comme dirait Maître mais c'est comme si je dévoilais une grande partie de moi intimement !
La journée fut forte ennuyeuse. Je n'avais rien à faire de spécial et la production était bien calme hormis un ou deux pics d'appels ou je m'amusais faire le répondeur.
C'était encore pire quand mon amie a changé, momentanément d'opération . N'ayant aucune affinité avec les personnes de mon groupe, je n'avais plus personne à qui parler. Personne vers qui me retourner, personne vers qui parler, personne pour m'occuper l'esprit.
L'après-midi fut guère mieux. Mon amie, hors des appels, passait le trois quart de son temps à vérifier si son, soit disant, "plan sexe" lui avait envoyé un message. Je remarquais dès qu'elle avait des nouvelles : un sourire comme une banane s'affichait à son visage, les yeux qui pétillait et suivait à moitié ce que je lui racontait. Tout pour me calmer...
Ce qui me dérange ce n'est pas qu'elle tombe amoureuse, ce n'est pas qu'elle est un plan sexe. Ce qui me dérange fortement, c'est que dans un premier temps, elle ne se sent pas capable de patienter de rechercher toute seule ce qu'elle voudrait. Elle a besoin de compter, une fois de plus sur l'aide de Maître. Maître me soutient qu'il ne lui a fait qu'une proposition, qu'elle a accepté, aucune manipulation. Ce qui est paradoxale, c'est qu'il ne cesse de me répéter qu'il faut qu'elle apprenne... S'il lui mâche le travail en lui faisant faire des rencontre, qu'elle n'a fait aucune démarche par elle-même, comment peut-elle réellement apprendre ? Automatiquement, arriver à un moment, si ça tourne mal, n'assumant rien, faisant semblant d'assumer, elle rejetera une partie de la faute sur Maître. Dans ce cas, je me demande comment pourra-t-elle complètement apprendre de ses erreurs si pour elle, elle n'en sera pas entièrement fautive ?
Rien n'est logique là dedans. Elle ne cesse de me dire qu'elle veut être indépendant et dès que Maître lui tend la main, de peur de se noyer elle se jette dessus comme une affamée. Je n'ai plus le droit de la conseiller donc je ne lui dirais rien à ce sujet. Après tout, elle se sent mieux en se confiant totalement à Maître au lieu de se confier totalement à sa meilleure amie. Elle n'a qu'à me laisser dans ma frustration et continuer à être dépendante puisqu'elle aime tant cela mais quand elle ira mal sentimentalement parlant, je ne serais pas là vu qu'elle n'est pas là où je l'attends actuellement !
C'est ce que j'essaie d'expliquer à Maître lorsque nous en parlons mais il rapporte ça à de la jalousie. Avec un peu de réflexion, je peux comprendre que Maître pense ainsi. Il me dit qu'il fait tout ça pour me rendre heureuse. Le jour où je serais vraiment heureuse c'est quand il arrêtera de vouloir faire le bon samaritain et de se mêler malgré lui des malheurs des autres, surtout de ses connaissances par alliance. Il me dit que je pourrais plus m'ouvrir vers son entourage ce qui me permettrait de le comprendre mais contrairement à lui, je ne suis pas une fouine dans la vie d'autrui.
Si quelque chose me convient ou pas concernant mon entourage et quand me demande mon avis, je le donne mais je ne m'investis pas non plus dans leur vie. Je les laisse agir comme bon leur semble ! Chacun vit sa vie comme bon lui semble.
Dans la soirée, nous avons effectivement reparler de la situation de mon amie. De toute façon, si je suis exactement ce que me demande Maître cela est synonyme que je dois m'éloigner de mon amie. Mais à quoi sert une amie si elle s'éloigne ??
Elle me reproche que je ne suis pas aussi diplomate que Maître. Elle me reproche qu'elle ne m'a pas connue comme ça. C'est sûre quand sa meilleure amie lui fait la tête juste pour une histoire de jalousie paranoiaque pendant plusieurs années, y'a de l'eau qui passe sous les ponts. Je suis désolée mais si elle préfère faire sa pleurnicheuse auprès de Maître au lieu de se confier à sa meilleure tout ça parce que je ne suis pas du genre hypocrite à passer de la pommade, c'est qu'elle ne m'accepte pas comme je suis au fond.
Elle préfère fermer les yeux sur le fait que je m'éloigne petit à petit, elle me laisse partir. Sauf qu'une fois que je pars, je ne reviens pas ! Ce n'est pas une fois qu'elle m'aura perdue pour de bon qu'il faudra qu'elle vienne pleurer. Elle n'aura qu'a demander conseils auprès de Maître comme elle préfère le faire, comme elle s'est si bien le faire et vu que mes pensées ne valent rien entre ce que peut faire Maître. Elle est où la valeur de notre amitié la dedans ? Nulle part, elle se détruit à petit feu... Je m'en rend compte et ça me fait mal mais je ne peux rien dire vu que quand j'en parle à Maître, en résumé, je suis qu'une petite égoiste jalouse et il m'interdit de conseiller et de donner mes avis ou opinions à ma meilleure amie. On ne fait pas d'omelette dans casser des oeufs à ma connaissance !
En revanche, se servir de ma meilleure amie pour me faire évoluer dans ma soumission, c'est pas égoiste ça ?? Mais comme d'habitude, je n'ai rien d'autre à faire que de la mettre en veilleuse... Je sais pas si nerveusement, je vais supporter cela.
Quand à mon autre meilleure amie, je ne la vois presque plus, notamment à son emploi du temps changé, à nos mode de vie qui ont changés chacune de notre côté.
De mon côté, j'ai du mal à supporter son éloignement soudain pour raisons professionnelles et de son côté, elle n'arrive pas à se faire à ma vie que Maître me demande d'avoir, sans que je lui rappelle. Il n'y a qu'à voir la dernière fois quand je lui ai parlé ouvertement qu'il fallait qu'elle s'habitue à me demander avec beaucoup d'avance pour qu'on puisse se voir. Suite à cette organisation, j'ai dû refuser une sortie en discothèque (donc une suppression de complicité mais ça Maître s'en moque) et une autre entrevue entre filles. Au bout de la deuxième, tout en étant sous de l'humour, elle m'a quand-même balancé que Maître la gonflait, qu'elle ne pouvait plus me voir librement. Etant obligée de subir le mode de vie demandé par Maître et ne l'assumant pas, obligatoirement j'ai pas digéré cette remarque. Je l'ai continué à le prendre sous l'humour, me forçant à rester le plus ouverte possible mais elle ne faisait que me remettre le couteau dans la plaie sans qu'elle s'en aperçoit. Forcément, elle croit que j'acquiesse tout bêtement, docilement ce que Maître me demande. Au fond pour moi, connaissant sa façon de penser, elle me voit comme une bonne petite chienne au pied de son dresseur, allant faire "coucouche panier" au simple dressement du doigt ! Elle ne me le dit pas mais ses yeux en disent long. Le plus frustrant pour moi est que dans ses conditions, même en m'étant Maître en valeur le plus possible, je ressens cette même image animalière et je ne le supporte pas. Je suis soumise, oui, mais je ne suis pas un animal !
On a déjà des conversations de ce genre là avec Maître, et même s'il sait que j'ai raison, il arrive toujours à me donner tort. Il prend ainsi un malin plaisir à me rabaisser et me remettre à ma place. Impossible d'avoir un échange dans mon cas en ces circonstances.
Et après Maître se demande pourquoi j'ai pu m'éloigner ? Après il se demande pourquoi je me renferme ? Pas étonnant en ne cessant de me dire que j'ai tort et de prétexter ma mauvaise foi à tout va ou en me comparant à un animal de compagnie (juste une parenthèse, à ma connaissance, on ne peut se fiancer à un animal de compagnie...).