lundi 2 mai 2011

Rancœur

Ce matin, contrairement aux autres, je n'ai pas eu besoin de réveil. J'avais déjà les yeux bien ouvert... Super pour quelqu'un qui était sensé se reposer je n'ai pas beaucoup dormi. C'est vrai que je me suis couchée tôt mais je sais très bien que lorsque c'est comme ça, je suis perturbée : je suis réveillée dans la nuit sans trouver le sommeil pendant une heure ou deux et c'est ce qui s'est passé. Sans parler de la douleur. Malgré la fatigue, forcément j'avais du mal à m'endormir. La brûlure se faisait ressentir de plus belle que dans l'après-midi quand je dialoguais avec Maître ou quand je faisais mon rapport. C'était pourtant assez difficile comme ça, surtout en présence de mon fils. J'aurais pu tout balancer je l'aurais fait.

Forcément que j'étais d'humeur massacrante, pire que d'habitude : il fallait quand-même que je me contiennes pour mon fils. Il n'y ait pour rien. J'avais quand-même les nerfs contre tout. Je n'arrivais pas à faire un pas sans faire une grimace mais je me forçais pour pouvoir emmener mon fils à l'école et me rendre au travail.
C'est vrai que la douche m'a fait beaucoup de bien mais bien sûr cela n'a été qu’éphémère. Le moindre frottement lors de l'habillage fut un vrai calvaire. Les larmes montèrent très vite mais je devais me contenir. Il fallait que je tiennes !

J'ai pu emmener mon fils. Je marchais tranquillement tandis que lui voulait, comme d'habitude, faire la course (jeu que l'on a instauré ensemble pour le faire accélérer en cas de retard). Impossible pour moi de pouvoir contenter et jouer avec mon fils. Ce fut assez frustrant mais je le cachais bien.
Je n'avais envie de voir personne. Lorsque je suis arrivé à quelques mètres de l'école de mon fils, j'ai pu apercevoir ma Maman. Il ne manquait plus que ça. Je savais que malgré mes efforts elle allait deviné que ça n'allait pas. Je n'ai pas et je n'avais pas envie de me justifier auprès de ma mère !
En revanche, elle me fit une remarque qui ne me plaisait guère. Elle a rapporté à son compagnon qu'elle avait croisé mon amie et qu'elle était en discussion avec moi et avec Maître. Ma mère, naïve, n'a rien vu venir mais forcément, son compagnon, moins dupe, à tout de suite fait la remarque sur l'interrogation du rapprochement de mon amie et de Maître. Je me suis sentie gênée et prétexta que c'était la seule personne qui arrivait à la soutenir en plus de moi-même.
J'avais pas assez les nerfs comme ça, ma mère a remis de l'huile su le feu !
Il faut vraiment que mon amie arrête de faire en sorte qu'on puisse lire en elle comme un livre ouvert ! Elle ne sait pas garder tout pour elle et se trahit toute seule ! Je comptais bien avoir une bonne discussion à ce sujet.

Le long du trajet des fortes nausées m'ont prises, plus que dans la nuit. Je sentais que ça montait. Résultat, changement de programmes, je ne suis allée au supermarché. Je suis rentrée de suite. Ma première réaction fut d'appliquer la crème que Maître m'avait conseillé.
Je me posais quelques minutes dans le fauteuil, le plus confortablement possible avant de me reconnecter quelques instants sur la messagerie instantanée.
La discussion fut plus longue que je ne l'aurais penser. J'avoue que malgré que le fait que je sois consciente de l'importance et même de la gravité de ma faute, je trouvais injuste que Maître me fasse sibir une telle douleur, une telle épreuve au cours de ma vie quotidienne en dehors du week-end. C'est déjà assez difficile comme ça et il le sait mais non il faut que j'aille bosser dans de telles conditions... Je ne savais même pas si j'allais aller pouvoir bosser ou si j'allais pouvoir tenir toute la journée !

Au cours de la discussion avec Maître, il m'avertit qu'il comptait remonter les bretelles à mon amie. On la dépanne dans sa gestion administrative et financière. Elle ne sait pas rendue compte que quand Maître s'engage que ce soit dans n'importe quel domaine, il va jusqu'au bout des choses et écrase tout ce qu'il y a autour.
Elle a débordé dans sa gestion de vie. N'importe qui, y compris moi, aurait dit qu'elle se débrouille toute seule et c'est quand faisant des bétises, en chutant, qu'on apprend sauf que mon amie a besoin de se faire mal pour comprendre. La différence est que Maître ne la laisse pas se faire assez mal donc elle ne comprend pas.
Ce qui m'énerve ce qu'elle ne voit que par Maître. Pour moi, hormis le fait d'avoir un orgueil mal placée, elle n'a pas de personnalité. Elle avance bêtement là où on lui dit d'aller. Quand je lui en parle soit elle se cache derrière son passé, soit elle met en avant Maître : ce qui a le don de m'exaspérer !
Il faut qu'elle comprenne que malgré que Maître soit de bons conseils dans l'ensemble des cas, il faut qu'elle apprenne à penser par elle-même ou lieu de se laisser guider. C'est trop facile de toujours compter sur les autres et de se sous-estimé. Je trouve ça d'une lâcheté insupportable !

Bref, j'ai quand-même réussie à me rendre à l'heure au travail, sans oubli l'ordinateur portable du Comité d'Entreprise qui m'a permis de faire ma première ébauche de mon premier procès-verbal de CHSCT (sur lequel j'ai passé mon après-midi hier dessus).
Dès que je suis arrivée, j'ai fait signe à ma collègue que tout était bouclé de mon côté, qu'il n'y avait plus qu'à faire quelques corrections selon ses habitudes de travailler à ce niveau là. Il ne faut pas oublier que je suis novice et que c'est elle la secrétaire du CHSCT et pas moi. Chacun à sa place : je ne faisais que rendre service pour mieux avancer.
J'ai vu la tête de mon amie qui tirait une tête d'enterrement. Je lui demandais ce qui n'allait pas. Elle me répondit de suite qu'elle s'était loupée concernant le réveil et qu'elle s'était faite remonter les bretelles par Maître juste avant de se rendre au travail. Personnellement, à force de vouloir faire la grande et ne pas m'écouter, je n'allais pas la plaindre mais j'avais quand-même mal au coeur pour elle.

Toute la matinée, elle n'a cessé de me parler de la discussion qu'elle avait avec Maître via la messagerie instantanée depuis son portable entre deux appels professionnels. J'avais envie de lui dire de laisser tomber pour la journée, qu'elle se concentre un peu plus et qu'elle verrait avec lui dans la soirée. A quoi ça sert que je lui dise puisqu'elle ne m'aurait pas écouté ?? J'en ai marre de parler dans le vent alors j'ai décidé de la laisser réfléchir de son côté et répondre de ses actes puisqu'elle préfère écouter Maître. Il ne faut pas oublier que pour elle, même si elle n'est pas d'accord, toutes paroles de Maître sont paroles d'évangile (sauf que Maître est bien un commun mortel comme nous tous...). Elle avait beaucoup tendance à s'exprimer oralement au lieu de lui répondre directement. Cela m’exaspérait mais je pris sur moi (en plus de mes brûlures qui me relançaient). Je lui ai juste fortement conseillée d'écrire à Maître ce qu'elle me disait à haute voix et qu'elle n'oublie pas que quoiqu'il en soit, je n'y suis pour rien. Je lui ai précisé car elle me lançait des regards de tueurs..

Maître a eu une discussion avec elle pendant notre pause déjeuner. Elle était hors d'elle et commençait à se morfondre à se plaindre au lieu de se battre et de prendre du poil de la bête. De mon côté, j'en profitais pour la laisser se faire remonter les bretelles et moi m'asseoir, et tentant de me reposer au mieux en profitant du soleil qui commençait à cogner sérieusement.

Vu les évènements, je n'avais rien pris à manger car j'avais trop peur que ça ne passe pas comme mon petit déjeuner ce matin. Forcément, mon amie vendu la mèche et Maître me demanda de faire le nécessaire au supermarché. Une fois de plus, elle ne pouvait pas se taire... C'est à moi de gérer ça avec Maître, pas elle !

L'après-midi fut un peu plus agréable. J'ai dû prendre une heure sur deux sur mes heures de délégation par rapport à un besoin de mise au point pour le cabinet d'expertise. Ma collègue a eu quelques échos de certaines personnes et il fallait qu'on en parle. Quand ma collègue annonça la plainte qu'elle avait entendu, je n'ai pas hésité à faire part de mon amie. Il faut que ma collègue tienne en compte que cette remarque vient de la personne qui est la professionnelle pour en foutre le moins possible dans la journée, pour retourner le cerveau des gens pour que tout tourne en sa faveur et se foutant complètement des autres tant que ça ne la concerne pas directement sans oublier sa vulgarité dans l'ensemble (évidemment, je parle professionnellement de ce que je connais depuis presque déjà trois ans). Je n'ai pas eu besoin d'insister, mes collègues m'approuva rien qu'au regard et la secrétaire CHSCT en conclut tristement que j'avais raison. Cependant, j'ai quand-même souligné qu'il fallait en parler à l'expert pour mettre les choses à plat et faire notre devoir et bien rappeler à nos collègues que c'est un expert et pas un psychologue !
Nous avons fait aussi un tour bref sur le procès-verbal que j'avais rédiger. J'ai bien vu à leur regard qu'elles étaient épatées. Au moins j'ai pas bouffé mon dimanche pour rien ! Comme je m'y attendais, il y aura certains points à rectifier. Je laisse ce soin à mes collègues, plus expérimentées que moi-même. Je corrigerais en temps et en heure plus tard et cela m'aidera pour mieux rédiger le prochain.

Je suis de suite retourner en production pour éviter de perdre d'avantage sur mes heures de délégation. N'ayant que deux heures dans le mois et aucune réponse de la direction à savoir si nous pouvions avoir les heures supplémentaires en l'occasion de l'expertise, je dois rester vigilante.
J'y retournais à contre coeur. Pas pour travailler mais pour supporter l'état de mon Aline. Je savais d'avance qu'hors se plaindre et faire des commentaires sur les conseils de Maître, elle n'allait pas avoir d'autres sujets de conversations. J'étais quand-même contente de pouvoir me rasseoir. J'allais attendre un bon moment avant de prendre ma pause.
Ce que j'avais prédis, arriva. Mon amie n'arrêtais pas de me commenter les remarques de Maître. Ce qui m'énervait par dessus tout c'est quand elle me disait qu'elle savait qu'il avait raison mais que sa fierté en prenait un coup et que rien que pour ça elle allait faire sa forte tête. Elle n'a pas compris que parfois il faut mettre sa fierté de côté en assumant les choix et les décisions que nous avons pu prendre auparavant pour pouvoir avancer et là enfin pouvoir être fier de la réussite. Instant recherchant mon soutien mais je ne pouvais pas lui donner raison sur ce coup, j'ai terminé par lui dire cash mais gentillement et lui faisant comprendre que Maître ne faisait pas ça pour lui faire du mal mais pour la faire réagir.

Avec mes horaires, je ne pouvais pas faire grand chose à la maison hormis ce que j'appelle faire la "bobonne" : faire un peu de ménage et le repas.
Rien ne s'est passé comme je l'avais prévu. Maître fini par m'appeler pour parler d'un autre sujet que la sanction où je suis encore à vif autant au sens figuré qu'au sens propre du terme. Elle tenta de me changer les idées du mieux qu'il a pu mais ma rancoeur est encore là ! Je sais qu'en réagissant comme ça, je lui fait aussi du mal. Tout comme moi, ce mal lui passera et ça le fait encore réfléchir sur son manque d'indulgence dans l'ensemble.Il se rend bien compte que dans des cas comme ça je ne peux pas être soumise et fiancée, je suis soit l'une soit l'autre contrairement à ce qu'il voudrait. Je voudrais tant pouvoir assimiler les deux, ce qui m'éviterait de faire des grands écarts comme j'ai pu le faire dernièrement d'où le fait que je puisse être punie maintenant.

Bien sûr, je n'ai pas pu faire ce que je voulais en étant retardé notamment par Maître mais je ne pouvais lui reprocher, lui qui fait toujours tout pour me faciliter les tâches quoiqu'il en soit et quoiqu'il advienne.
Tout me fut décalée mais tanpis, j'avais pas le choix devant mettre en priorité les demandes de Maître...

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