lundi 21 mars 2011

Moment privilégié


Je sentis soudainement une grande lumière m'attaquant même les yeux fermés. Je trouvais étrange qu'il fasse autant jour, je regardais l'heure. Je m'en rendis compte qu'avec la fatigue et mon état, je n'ai entendu aucun de mes réveils ! Génial ! Et pour une fois, mon fils resta couché.
J'ai dû préparer vite fait le petit déjeuner et en même temps réveiller mon petit garçon qui dormait si bien.
Tout s'est fait dans la vitesse. Je déteste quand ma journée commence comme ça. D'autant plus que je n'ai toujours pas la forme : je suis toujours fébrile : courbatures toujours présentes, quelques maux de tête accompagnés de quelques maux de gorge ici et là.
Difficile de motiver mon fils à se dépêcher pour limiter la casse concernant le retour de son arrivée à l'école.

En accélérant le pas sans relâcher, sans parler de mes douleurs, en essayer de détendre au mieux mon fils, nous sommes arrivés avec dix minutes de retard. Pas le temps de ralentir la cadence et encore moins de s'arrêter quelques secondes. Même si Maître dirait que c'est une fois de trop, c'est la première fois de l'année que j'arrive autant en retard depuis le début d'année scolaire contrairement à l'année dernière. La différence est que là c'est une année importante et aussi parce que la maîtresse est beaucoup plus professionnelle que l'institutrice de la classe des moyens.

Cela n'a pas retardé pour me rendre à mon travail (heureusement). Le long du trajet, comme par hasard, je croisais mon amie après qui j'étais en colère hier soir.
Je ne savais pas comment réagir, je ne savais pas quoi lui dire. Ma première réaction fut de la saluer furtivement et lui demander si elle avait bien reçu mon message.
Je la sens complètement perdue et le plus dur pour moi est de suivre les directives de Maître : je dois prendre de la distance ! Facile à dire ! Elle va droit dans le mur et je dois la laisser faire !??

Bref, j'essayais au mieux de répondre à Maître tout en ayant un minimum de présence et d'écoute envers mon amie. Je lui ai juste dit ouvertement que tant qu'elle ne pensera pas à elle-même tout ses efforts serviront à rien car elle le regrettera un jour !
Elle me posa une question qui était assez gênante pour moi : elle voulait savoir si ça me dérangeait qu'elle parle avec Maître. Je lui ai répondu que non : ce qui me dérange c'est qu'elle préfère rechercher du réconfort vers quelqu'un qui peut la manipuler et joue avec ses sentiments au lieu de se confier à sa meilleure amie depuis plus de dix ans ! C'est assez vexant et frustant mais là elle ne se met pas à ma place. Elle est trop confortable dans la sienne ! C'est tellement mieux de se plaindre en attendant que les réponses tombent du ciel !

Les premiers appels ne sont pas venus dans les premières minutes comme d'habitude en début de semaine mais seulement au bout d'une dizaine de minutes. Et oui, ça commençait bien ! En plus ma supérieure commençait seulement à midi donc impossible de pouvoir prendre des initiatives pour aller en émission d'appels pour combler et pour éviter de fausser les chiffres.
Le fait que j'ai des maux de gorge fut quelque part efficace pour réduire mes temps de communication : mon but était de parler le moins possible pour éviter de tirer sur les cordes vocales et de relancer la douleur. Je ne pouvais pas échapper aux maux de tête. Le cachet ayant fait son effet...
J'ai tenté au mieux de trouver l'appétit mais rien à faire : je me forçais ! Il fallait que je prenne des forces malgré que cela avait du mal à passer ! J'ai déjà pas faim quand je vois dans l'état pitoyable où se trouve mon amie et qu'on me demande de rester de marbre !

Après mettre restaurer à mon lieu de travail, je me suis rendue chez ma nourrice pour récupérer mon fils. Comme à son habitude il prit son temps pour finir son repas pourtant ce n'est pas faute de le reprendre à chaque fois.
Il me pressa d'aller voir ma grand-mère afin de rentrer le plus tôt possible avant que l'ambulance vienne nous chercher pour que je puisse me reposer.
Finalement, je pu me poser une petite demie heure. Je fermais les yeux pour être le plus posée possible mais impossible de pouvoir respirer tranquillement. J'avais le nez bouchée, obligée de respirer par la bouche au lieu de ma façon habituelle, de manière nasale... très désagréable !
J'aurais tellement préférée me sentir blottie dans les bras chaleureux de Maître, nous sentir quelques instants paisiblement, l'un à côté de l'autre... tout en me demandant par fraction de seconde ce qui pourrait me réserver par la suite, le trouvait trop gentil et trop affectueux soudainement. Cette dernière pensée me fit sourire et comme pour la conclure, Maître m'appela à ce même moment. C'était juste avant de partir, il savait que je devais descendre rejoindre l'ambulance en VSL pour nous rendre chez l'ORL.

Le chauffeur est arrivé au même moment où j'appelais le standard commençant à avoir un bon quart d'heure de retard par rapport à l'heure prévue dîtes.
Je n'avais pas regretté d'avoir pris mes lunettes de soleil. La chaleur du soleil est agréable, sans l'ombre et sans le vent mais ses rayons sont assez dérangeant. Comme je dis souvent : "j'aime le soleil mais je ne le supporte pas, nuance"...
Mon fils, n'ayant pas fait de sieste, avec le confort de l'automobile, n'a pas mis longtemps pour s'endormir. Il a suffit de rouler même pas cinq kilomètres, d'arriver au premier village entrant pour que sa tête se colle contre la vitre comme une ancre qu'on vient de lâcher en mer... Je le trouvais trop silencieux, contrairement à moi qui parlait pour éviter que des nausées me prennent vu mon état (c'est souvent ainsi en voiture quand je suis fébrile et que le véhicule est trop souple pour moi).
Cette compagnie était plaisante et m'a détendue. Le chauffeur lança un sujet qu'il fallait éviter s'il voulait être tranquille. Il a eu la bonne idée de me demander mon métier... Et blablabla, ça y est j'étais partie, impossible de m'arrêter. J'ai commencé à me calmer d'en parler quand j'ai pensé à une réflexion de Maître quand il m'a fit prendre conscience, un jour que le seul sujet où j'étais réellement à l'aise étant dès lors que parlait de ma fonction, de mon travail.

Quand je vis le monde dans la salle d'attente, j'ai commencé à me dire que j'allais devoir m'armer de patience. Il ne restait plus qu'une seule place pour s'asseoir. J'ai dû prendre mon fils sur mes genoux.
J'entendis que le praticien avait plus d'une heure de retard. Sachant qu'ils sont deux professionnels, j'ignorais si cette remarque concernant "mon" ORL où son confrère. Après déduction, cela me concernant directement. J'avais trop mal à la tête pour m'aventurer dans la lecture de magazine et pas envie de me casser la tête, je l'ai déjà assez en vrac comme ça.
A mon grand étonnement, contrairement à une petite fille et un petit garçon présents dans la salle d'attente et qui n'étaient pas discret, l'un comme l'autre où la petite fille avait l'air plus garce que son "copain", mon fils était plutôt calme. Cela m'a fortement étonné, voir même interrogé connaissant son manque de patience dans ce genre de circonstance. Bien au contraire, il était plutôt du genre câlin. Je ne peux m'en plaindre et j'ai même eu une certaine fierté quand on me complimenta sur la sagesse de mon enfant. Les autres moments étaient plutôt l'une gênée et l'autre vexée.

Je confirme : mon spécialiste avait bel et bien une heure de retard. C'est comme par hasard, quand je me suis décidée à lire une article sur le thème des "émotions" et de la "colère" qu'il vint nous chercher. A peine le temps de trouver la page du sujet, de lire trois mois, qu'il fallait décoller de la chaise. L'ambulancier qui attendait en même temps que moi était plutôt rassuré, tout comme moi, il en avait marre d'attendre et à l'inverse, lui il a l'habitude.
La consultation fut très brève. Il lui regarda les oreilles, voir s'il n'y avait pas de bouchons, si les diabolos étaient en place et la gorge pour savoir si l'après-opération de ses amygdales s'était bien déroulée. Il m'a demandé comment s'était passé la convalescence. Je lui fit part que je l'avais trouvé très courageux concernant la douleur mais que ce fut une vraie torture concernant le régime obligatoire lors de la première semaine. Il lui fit de nouveau un test auditif qui restait positif et lui prescrit une solution nasale commençant à avoir la goutte au nez : à tout les coups, je lui ai refilé le début de ma grippe.

Après s'être arrêter à l'accueil pour effectuer le règlement, nous avons pu reprendre la route pour rentrer à la maison. Il me tardait de rentrer. Je n'en pouvais plus. J'étais épuisée autant psychologiquement que corporellement. Même si j'adore mon fils, j'étais aussi pressée de pouvoir le coucher afin de faire mes dernières tâches dans le calme le plus absolu et me coucher le plus rapidement possible. C'est la preuve que je ne suis pas en forme car me coucher tôt, ce n'est pas dans mes éthiques !

Finalement, Maître me consacra sa soirée. Il se trouve actuellement en escale pour quelques jours. Au début, il était en ville mais vu que la communication fut très mauvaise, il se résigna par rentrer à bord pour pouvoir m'appeler et discuter tranquillement.
Cela faisait un moment que nous n'avions pas parler calmement de tout et de rien ainsi. J'avoue que ça me fait du bien. Cela m'apaise et malgré la distance, je me sens plus proche de lui. C'est étrange mais n'oubliant pas mon statut, quand je suis au téléphone avec Maître, comme ce soir, et que je pense ainsi, je m'imagine être à ses pieds docilement... Ce qu'il a de sûr, et Maître le confirma (après lecture) est que je serais moins à l'aise en réel que dernière mon téléphone en y songeant.

Je tentais de rédiger mon article tout en restant à l'écoute près du combiné. Déjà quand temps normal, j'ai beaucoup de mal à faire plusieurs choses à la fois mais là ce fut tout simplement "mission impossible". Je fus incapable de rester concentrer sur mes deux activités donc logiquement et naturellement, je consacrais mon temps à Maître. J'avais largement le temps de terminer la rédaction après avoir raccrocher tout en me couchant pas trop tard.
Pour une fois, je n'ai pas allumé la télévision de la soirée. Je vais seulement le faire, histoire de m'endormir paisiblement tout en me faisant le résumé de ma journée...

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