
Déjà qu'en temps normal, je n'ai pas la motivation pour me lever mais là, quand je vois et quand je sais l'état nerveux de mon amie, j'ai encore moins envie.
J'ai remarqué que ce matin, elle avait de nouveau, fait des efforts car elle a su se débrouiller avec les garçons, les faire déjeuner et préparer sans pour autant en leur criant dessus ou en s'en prenant à son fils, comme souvent.
J'appréhendais aussi notre journée professionnelle. Je me préparais à l'entendre râler à chacun de ses obstacles, donc presque toutes les cinq minutes, de l'entendre demander de l'aide (pour des choses qu'on lui a déjà expliquer) soit auprès de mon supérieur, soit auprès de moi-même. Elle espère qu'une chose : retourner à la facilité, retourner sur l'opération sur laquelle elle est affectée depuis cinq ans maintenant. C'est paradoxal : quand elle est dessus, elle se plaint sans cesse que c'est lourd à supporter, que les clients sont difficiles, ça la dérange que nous allons perdre cette opération d'ici quelques semaines et là qu'elle a l'occasion de s'entraîner sur quelque chose d'autres, de plus de facile... ça ne lui convient pas... !! Avec beaucoup plus de motivation et de conviction, elle est largement capable d'y arriver !
La matinée commençait très mal : à peine après une heure de production, mon amie fut débriefié par mon supérieur. Je me doutais de la raison de celle-ci, comme par hasard, quelques minutes après avoir fait un bilan des chiffres de la veille et de l'avant-veille.
Elle est revenue à son poste récupérer ses affaires pour changer de phone, retourner dans notre ancienne équipe, retourner sur "son" opération, en m'annonçant, limite avec regret et rassurée qu'elle était évincé de la nouvelle opération. Son comportement m'exaspéra : elle savait très bien que ça allait se passer ainsi si elle ne faisait pas plus d'effort et après elle fait une crise parce qu'elle a échoué. Je suis désolée mais ramoner toutes les cinq minutes en critiquant sans cesse l'opération, en se plaignant qu'elle n'est pas à la hauteur, ce n'est pas faire des efforts pour moi !! Malgré tout, pendant ma pause, je tentais de la consoler au mieux que je pouvais. C'est à ce moment là qu'elle m'annonça une bonne nouvelle (selon moi) : malgré tout, les supérieurs comptent l'affecter sur une future nouvelle opération. Elle me dit qu'elle le prend bien mais tant que la formation et que l'opération n'aura pas commencer, à tout les coups, elle va réagir pareil. Il y a des raisons pour que je dise et pense ceci : cette dernière devrait concerner des enregistrements ce qui veut dire automatiquement qu'il y aura plusieurs manipulations à faire informatiquement et donc ce qui va encore la perturber sur ses habitudes... Elle dit qu'elle n'était pas prête pour ce changement mais si elle n'est pas prête maintenant, elle n'y sera pas non plus après : une fois toute seule dans son appartement, il faudra qu'elle s'y adapte et vu qu'elle n'arrive pas à faire la barrière entre sa vie privée et professionnelle...
L'après-midi ne fut pas plus paisible pour autant. Me concernant, elle était un peu plus calme car je n'entendais plus aucun bougonnement, plus aucune mauvaise foi ce qui m'apaisa. Heureusement d'ailleurs : c'est ce qui me permit de pouvoir garder mon sang-froid parmi la tension que je pouvais commencer à ressentir auprès de mes collègues et même auprès de mon supérieur. Nous avons encore été en maintenance informatique pendant un long moment. C'est assez handicapant et c'est là où je comprends le commencement d'exaspération de mon supérieur car cela nous retarde grandement dans les chiffres que nous sommes censés faire en rendre en trois semaines. Malgré tout, une fois que tout refonctionnait de nouveau, nous avons trouvés la motivation de continuer et tout ça dans une ambiance bonne enfant, malgré les différences d'affinités. Comme j'aimerais travailler tout le temps dans ces même conditions ! C'est ce qui me manquait depuis de longs mois, c'est ce dont j'avais besoin pour me sentir à l'aise ! J'en profite autant que je le pourrais... Dommage que mon amie n'est pas su profiter de cela qui aurait pu l'aider à être plus à l'aise.
Faire les courses étaient déjà une tare devant les faire aussi tardivement après ma journée. Quand je finis plus tôt cela me dérange un peu moins mais là, je n'avais pas le choix : nous n'avions presque plus rien. Nous faisions avec, ce que j'appelle "les fonds de placards". Personnellement, ça ne me dérange pas mais je vois bien que cela frustre un peu mon amie donc pour éviter qu'elle se plaigne, notamment quand elle est à bout de nerfs, il fallait que je fasse les courses !
Pas de chance, le copain de Maman qui a la gentillesse de me proposer le service de m'emmener et de me ramener (il m'aide même à déposer les courses jusqu'à l'ascenseur) sans rien que je demande, a eu un grand retard de son côté. Son retard ne me dérangeait pas proprement dit, ce qui me dérangeait est que je savais que tout mon programme allait être chambouler. Dans ce cas, je sais gérer mais je savais à l'avance que cela allait déranger mon amie dans ses petites habitudes réglées comme du papier à musique et dès qu'on sort de ce quotidien elle est comme perdue au milieu d'une forêt sans boussole...
En rentrant, nous sommes rejoints en bas de l'immeuble : devant visiter une table et un banc de cuisine, elle a dû rentrer plus tard de son côté mais ça de mon côté, je le savais d'avance. Elle voulu m'aider pour ranger les courses. J'ai apprécié son aide mais je n'ai pas apprécié son comportement. Vu le comportement de son fils ce matin, en plus d'hier, j'avais dit qu'il serait puni dès qu'il serait rentrer à passer son temps, seul à la cuisine jusqu'à nouvel ordre. Pour commencer, quand j'ai commencé à en parler, c'est mon amie qui lui demander d'aller sur la chaise alors que ce n'est pas elle qui l'avait puni ! Ensuite, par fierté mal placée, elle ne pouvait s'empêcher d'ajouter des commentaires à son fils à chaque fois que j'intervenais pour lui faire la moral dès que nécessaire. Cela me mit les nerfs à bloc mais si j'avais le malheur de m'expliquer à ce sujet, elle se serrait emporter et elle aurait été vexer que je la remette à sa place. Je ne trouve pas logique et très agaçant qu'elle puisse se permettre d'intervenir quand moi j'interviens à mon tour. Elle ne comprend pas que si j'interviens (en sachant que ça faisait un moment que je ne l'avais pas fait) ce n'est pas pour rien, ni par plaisir, bien au contraire ! C'est en général, la raison parce qu'elle n'a pas réussi à faire la part des choses à ce moment là : se laissant aller... en sous entendant que toute façon c'est comme ça et que ça ne changera pas.
Nous avons eu de nouveau un clash après le repas, au moment de coucher des enfants. Comme dans un vieux couple, ces derniers temps, nos désaccords commencent souvent à propos des enfants et ça ça m'agace ! Son fils entraîne le mien et résultat, il faut s'armer de patience pour pouvoir les coucher. De mon côté, j'évite de trop me fâcher à ce moment là. J'essaie d'être le plus ferme possible, sans pour autant crier : plus les enfants sentent la tension, plus ils s'énervent et moins le sommeil et le calme viennent à leur tour et c'est un cercle vicieux mais ça mon amie ne l'a pas encore compris, et ne le comprendra jamais vu qu'elle ne sait faire que parler trop gentillement ou en agressant (comme dans la vie générale d'ailleurs).
Les enfants étaient mis au lit, au même moment où Maître appela (suite à notre retard). Il a pu assister à la difficulté de pouvoir les coucher calmement.
La dispute commença quand je suis sortie hors de mes gonds lorsque mon amie reprenait mon fils alors que je le reprenais moi-même. Ce qui me mis hors de moi, c'est qu'elle se permet de réagir ainsi, et c'est pas la première fois (mais la fois de trop je crois), alors qu'elle-même n'est même pas capable de pouvoir reprendre son fils au quotidien... Forcément que j'ai démarré au quart de tour et je lui ai dit ouvertement. Certes, je lui ai dit sèchement (mais pas méchamment pour autant) mais elle monta aux rideaux directement en me manqua de respect en me parlant très mal selon le ton qui augmenta de son côté. Pour la calmer, je lui ai même tendu le téléphone pour que Maître lui parle mais elle m'envoya bouler encore plus fort. De colère, elle fini de coucher son fils, se prépara très violemment et partie comme une sauvage en claquant la porte en beuglant que puisque elle était une mauvaise mère, puisqu'elle était incapable d'élever son fils, elle devait partir dehors... Je la laissa faire. Déjà en temps normal, elle ne m'écoute pas donc là ça ne servait strictement à rien que je la retienne ! Maître a tenté de me calmer et me soutenir au mieux de son côté (assistant à la scène par distance via le téléphone). Il voit très bien que malgré mes efforts, malgré que je sois consciente de la situation, je suis vraiment à bout de nerf surtout au fait du manque d'effort d'évolution de mon amie, pas sur elle-même mais concernant son entourage. Quand j'analyse, je ne peux juger ne connaissant pas le comportement et le caractère final de son ex-compagnon, mais je me rends compte que son fils reproduit et est la copie conforme de sa mère : impulsif, égoïste, trop fier, têtu à tout bout de champs, ne supporte pas les directives et les changements... Ce qui me fait réellement peur c'est que je me demande comment elle va pouvoir s'en sortir seule avec son fils si elle même ne se remet pas en question, tout en ne voyant pas que son fils est sa copie conforme et que ce n'est pas du tout positif pour son et leur avenir à eux deux mais surtout pour son fils !!!

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