Ce matin ça m'a fait bizarre de devoir emmener mon fils à l'école et de devoir emmener le fils de mon amie à son école.
Mon amie était là sans y être. Elle était à côté de moi mais loin dans ses pensées. Elle n'arrêtait pas de réfléchir sur le fait de devoir rester à l'appartement étant conscience qu'elle a besoin de recul tout en étant partagé (malgré tout le mal qu'il a pu lui faire) à ne pas faire de mal à son compagnon, quitte à se sacrifier en étant malheureuse...
Hormis continuer à lui donner mes opinions, sans pour autant vouloir l'influencer, je ne pouvais rien faire et je me sentais impuissante.
En sortant de l'école de son fils, nous avons croisés notre collègue déléguée syndicale et nous avons dialogués quelques instants. Mon amie a senti un besoin de se confier, étant quelqu'un de confiance (autant pour elle que pour moi). Notre collègue, en quelques mots, lui a dit exactement pareil que ce que nous (Maître et moi) lui disons depuis ce week-end.
Ayant des obligations de mon côtés, je voyais que mon amie n'était pas en état mais il a fallu que nous coupons court à la conversation et nous accélierons au court du trajet pour arriver à temps au lieu que je devais me rendre (pour acheter le portable de Maître) tout en pouvant retourner au travail sans y être en retard.
Grande déception, même en nous précipitant, le magasin fut fermé, nous nous retrouvions le bec dans l'eau. Il était temps de faire une pause et de pouvoir souffler rapidement. C'est ainsi que j'ai décidé de nous rendre à "mon" bar habituel pour prendre un café.
J'étais contente car j'ai pu ainsi voir mon père que je n'ai pas vu depuis la dernière fois avec Maître... Mon père a très bien remarqué que mon amie était mal, que je tentais de faire diversion pour nous changer les idées mais j'étais quand-même gênée malgré tout.
Nous avons réussi à nous rendre au lieu professionnel en temps et en heure.
La journée fut très difficile professionnellement me concernant (et aussi concernant mon amie, certes). Je n'avais pas du tout la tête à ma profession : moi d'habitude qui parle sans cesse de conscience professionnelle et là je n'en avais que faire... Ma voix était faible et je ne pensais qu'à mon amie. J'évitais de me retourner pour ne pas encore dramatiser davantage sachant par avance son état...
Au moment où je commençais à relâcher la pression, le pire est arrivé pour moi : mon amie a décidé de contacter son compagnon pour lui faire part qu'elle avait enfin réussi à prendre une décision. Elle avait décidé de lui donner une deuxième chance, au détriment de son bien être personnel (mais ça il ne l'aurait pas vu). A peine, elle a eu le courage de lui annoncer son choix, qu'il lui a fait part que de son côté, il avait décidé que tout était réellement et définitivement terminé... pour le bien de leur fils. Mais bien sûr, on y croit tous... Cela confirme bien ce que l'on pense Maître et moi : il avait déjà pris sa décision avant-même de poser, indirectement, le deuxième ultimatum !!
Les conséquences en furent de suite ! Mon amie n'étant déjà pas bien physiquement et mentalement de la journée, suite à sa réflexion (elle m'avait déjà fait part d'un mal de tête important et comme un début de vertige) a fait un début de malaise...
Quand ma collègue m'a annoncé que les pompiers allaient venir faute de trouver un docteur disponible à l'immédiat, une sensation de panique m'envahit. Il fallait que je reprenne mes esprits autant pour le travail et continuer comme si de rien n'était mais c'était surtout et avant tout pour mon amie : elle aurait encore plus culpabilisée de me voir ainsi même dans son état. Il fallait que je tienne le coup aussi pour la poursuite des évènements. Il fallait que je reste lucide, que je garde les idées claires pour pouvoir faire face à ce qui m'attendait (comme récupérer le petit de mon amie, par exemple).
Ni une, ni deux, je me suis empressée d'aller chercher son fils et de suite, me rendre aux urgences pour avoir des nouvelles de mon amie et pour que son fils puisse voir sa maman quelques minutes et inversement.
Je fus soulagée que l'on met autorisée à lui rendre visite et qu'elle allait sortir juste après les examens et qu'elle puisse récupérer brièvement.
J'ai tellement eu peur pour elle que toute ma colère que j'ai envers sa belle-mère et un peu envers son compagnon s'est envolée en un éclair : je ne pensais qu'à mon amie.
Il est vrai que j'ai failli craquer sur le plateau, en plein travail. Il fallait que je trouve une solution pour parler à Maître, tout en restant fonctionnelle. Je l'avais vu quelques instants auparavant, disponible sur un site de réseau social (que nous partageons), ayant entretenu une conversation avec une autre de mes collègues. J'ai enfin trouvé une solution : là j'avais vraiment besoin de Maître et étant soulagée de savoir qu'il n'était pas en mer...
Dès la sortie de mon travail : Maître me donna son soutien à son maximum ainsi qu'à mon amie. Il l'a soutenue et lui a dit exactement ce que je voulais lui dire : du repos, du repos et du repos pour toute la soirée pour commencer !
De voir mon amie dans cet état, j'avoue que j'étais déboussolée. Je me retrouvais seule à gérer mon amie mal en point (sous toutes les coutures, physiques et mentales) et faire le rôle de parent avec son fils et le mien... Tout en tenant à ma parole : avertir les personnes proches que mon amie se remettait doucement et que j'allais prendre soin d'elle autant que possible...
La journée et la soirée en étaient perturbée mais qu'importe, c'est le bien être de mon amie qui compte le plus pour moi pour ce soir !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire