mercredi 12 janvier 2011

Mauvaise nouvelle


Le levé fut très difficile. La journée d'hier m'avait épuisée autant moralement que physiquement mais hors de question de le montrer.
Il a fallu que je me fasse force pour trouver le courage de quitter mon doux lit.
Mon amie tenta de me motiver mais sa pression ne m'aidait pas du tout. Je déteste qu'on me mette la pression et surtout pas le matin mais ça elle ne peut pas le savoir n'ayant jamais vécu à mes côtés. Il n'y a rien de tel pour que je sois de mauvaises humeurs.
Les garçons étaient en forme, ce qui m'empêcha de déjeuner tranquillement.

Nous avons eu la chance de pouvoir emmener les garçons chez leur nourrice respective et de nous rendre au travail en voiture, grâce à notre collègue qui se propose très gentillement de nous emmener en voiture, ayant les même horaires que nous.
Au moins, je n'ai pas la pression de devoir partir plus tôt devant tenir compte que le fils de mon amie est plus petit et n'ayant pas l'habitude de marcher autant. C'est déjà difficile quand nous les emmenons à l'école. C'est juste une question d'adaptation.

A peine arrivée sur le plateau, à peine loguée, à peine le temps de passer trois appels qu'une supérieure m'avertit que je devais tout éteindre pour monter en formation sur une ancienne opération.
En résumé, une autre collègue et moi (celle avec qui Maître parle de temps en temps) sommes formées sur cette opération, car au futur changement de l'ensemble de la production, les supérieures se sont rendues compte qu'elles seraient en manque de personnel et que ça prendrait d'embaucher et de reformer...
Personnellement ce changement ne me plait pas ! Le fait d'avoir été choisie non plus ! J'ai été choisie car mes supérieures savent que j'ai une conscience professionnelle et quoiqu'il arrive je n'oserais pas refuser une demande. Je suis consciente que changer de poste, changer d'opération fait partie aussi de mon travail et de mes compétences. Justement, au fond, je pense que l'on m'a choisie grâce à mes facilités d'être polyvalente même si parfois il me faut du temps pour bien assimiler.
Ma collègue n'a pas hésité à dire qu'elle allait être sous pression rien le fait de savoir qu'elle devait être dans cette équipe (et oui nous allons être obliger de changer d'équipe). C'est bien la preuve qu'il y a un manque de maturité face à une différence d'affinité... Rien que d'y penser, ma collègue avait le ventre qui se resserrait.
J'en ai fait part de même que le fait de devoir travailler avec certaines filles, manquaient pas mal de respect, cela allait m'handicapé dans mon travail.

Nous avons trouvés une solution, autant pour moi que pour ma collègue. Comme beaucoup trop souvent à mon goût, une fois de plus, ce n'est pas moi qui est le plus de privilège. Mais oui, la petite Emilie est forte, elle tiendra le coup : on lui passera de la crème pendant quelques jours pour l'adoucir et ça passera comme une lettre à la Poste... Au fond, je me demande pourquoi moi aussi, j'en ai pas rajouté pour pouvoir rester dans mon équipe actuelle (tout en changeant d'opération)...
Je suis verte de savoir qu'on puisse m'utiliser ainsi mais par rapport à mon statut, je ne peux rien faire, ni rien dire, sinon y'aurait longtemps que j'aurais ouvert ma bouche ! Il y a d'autres personnes que moi, qui sont formées, qui en ont plus d'expérience sur celle-ci mais non, c'est moi qu'on choisit ! En plus, c'est vraiment pas le moment de me demander de changement de d'adaptation : c'est bon, j'ai ma dose dans ma vie privée, sans rien que j'en demande !

Ayant eu d'autres échos et même des objections convaincantes (des collègues étaient passées par là où elle passe actuellement), mon amie a pris la décision de se rendre au rendez-vous bancaire avec son ex, concernant leurs comptes et emprunts. Elle a tenté de demandé si sa tante était disponible pour l'accompagner mais c'est sûr qu'en prévenant au dernier moment ce ne fut pas le cas. Résultat, elle n'a pas eu le choix que d'y aller seule, sans grande conviction...
Evidemment que son ex en a profité pour lui en mettre plein la tête, et elle rentre dans son jeu, sans s'en rendre compte, en prenant attention à ce qui lui dit...
C'est en partie ce que Maître voulait lui évité en lui conseillant fortement de ne pas s'y rendre, qu'il est encore trop tôt...

Résultat, en sortant de mon travail, j'ai dû courir partout : aller chercher le petit de mon amie et de devoir aller faire des courses car là, il y a avait besoin. Nous avions commencés à taper dans les réserves et même à manquer de certains produits, notamment pour les petits...

En rentrant, je n'ai pas eu le temps de souffler non plus.
Maître me demanda de me poser en restant tranquillement à dialoguer à ses côtés, pendant que mon amie me remplaçait pour faire le repas.
Il fallait que je reste attentive à ce que pouvait me dire Maître, à me reposer un peu, tout en faisant la police avec les garçons : mon fils apprécie de ne pas être seul et au contraire, le fils de mon amie ne supporte pas que mon fils soit à ses côtés, il veut être tout le temps collé auprès de sa maman... D'accord qu'il soit perturbé par ce qu'il se passe et qu'il ne soit pas chez lui mais faut pas abuser quand-même !
De plus, après avoir une journée aussi chargée, de sentir mon amie perdue devant se débrouiller seule ne connaissant pas l'appartement, se sentant gênée de vivre à l'appartement à mes côtés, la pression était bien présente et mon manque de concentration en était bien là !!

Dans la soirée, je n'ai pas arrêté également. Entre le ménage, la vaisselle, le linge... tout le retard que j'avais pris au cours de ces quarante huit heures dernières suite aux évènements, je me sens débordée et je ne le supporte pas.
Mon amie a repris de la forme physique, j'en suis ravie mais je ne supporte pas son stress au quotidien : ce n'est pas ma façon de vivre !
Je ne supporte pas la perfection : quelque soit les domaines, pour moi, ça n'existe pas. Ce n'est qu'une illusion pour se masquer de certaines circonstances de la vie et je ne vois pas ma vie de cette façon !!

Mon amie s'est rendue compte que je devais vraiment être disponible pour Maître. Sur le coup, elle s'est emportée en ne le comprenant pas, étant en plein ménage, me coupant dans mon élan... et savait que j'allais, une nouvelle fois prendre du retard et devoir me coucher tard.
J'y suis habituée mais pas elle. Oui, ces temps-ci, j'ai tendance à me coucher plus tard pour tenter de faire au mieux ce que je dois faire mais je me récupérerais ultérieurement, soit en me couchant plus tard, soit en me reposant un peu plus ce week-end.
De ce fait, j'ai eu de la pression de la Maître, me reprochant un manque d'attention (ce que je n'ai pas accepté, ni supporter) et de l'autre côté mon amie qui pètait un câble car mon organisation n'est pas similaire à la sienne et quelque part parce que je ne pouvais être à ses côtés comme j'ai pu l'être ces derniers jours...
J'ai besoin de souffler sérieusement : je ne peux pas me partager !! Je ne peux pas être soumise, être maman, être femme au foyer, être salariée en même temps !!!
Je ne sais pas encore combien de temps je vais supporter cette pression permanente !

Pour résumer, je suis polyvalente, certes, dans presque tout domaine, mais là, il ne faut pas en abuser pour autant : moi aussi j'ai besoin de prendre sur moi !!!

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