vendredi 29 avril 2011

Revanche


Comme tous les matins, j'ai eu du mal à me réveiller. J'avais pourtant fait l'effort, encore, de ne pas trop me coucher trop tard me sachant fatiguée.
Il était certain que j'étais de bonne humeur : j'avais l'appartement pour moi toute seule et je savais que la journée professionnelle allait être courte ayant mon après-midi.
Maître m'appela lorsque j'étais en plein habillement. Cela montrait bien que j'étais dans les temps. J'étais contente d'avoir pu l'avoir au téléphone avant d'aller travailler même si sa réaction m'a agacé lorsque j'ai posé une question (et après il s'étonne que je le questionne peu...).

En arrivant au travail, j'étais un peu stressée. Je savais que l'expert allait continuer ses entretiens avec les téléconseillers et j'étais la seule des membres du CHSCT à être présente (du moins pour la matinée). Tout en travaillant, je devais garder un oeil sur l'ensemble des évènements.

L'expert est arrivé une heure après que j'ai commencé à travailler. Il a tout d'abord parler avec le directeur, je pense pour mettre à jour l'organisation de la journée. Vu la tête du directeur, j'ai bien vu qu'il y avait quelque chose de louche. Je continuais à travailler pour autant.
A un moment donné, j'ai levé la tête et j'ai vu l'expert et le directeur monté en salle de formation, seuls. Le directeur n'a même pas eu la délicatesse et la politesse de me présenter. Nous avons très bien remarqué que l'expertise le dérange quelque peu malgré qu'il nous démontre une bonne foi. Il s'est sûrement dit du fait que je venais d'intégrer le poste et en l'absence de mes collègues que je n'allais pas oser prendre les devants : c'est mal me connaître !
Je me suis donc permise de prendre deux minutes sur ma pause, pour ne pas faire d'histoire (n'ayant plus de temps de délégation), je suis montée les rejoindre et j'ai fait les présentations.
Quand je suis tombée nez à nez avec le directeur, j'ai bien remarqué qu'il était surpris. Il m'a salué avec un sourire bien hypocrite ! Je me suis donc présentée à l'expert, lui précisant qu'en l'absence de mes collègues, étant la seule présente, j'étais à sa disposition pour quoique ce soit. Il a apprécié ma démarche et a bien vu que je prenais les choses en main. Il m'a donc averti que je devais lui transmettre des documents avant ma pause déjeuner. Pour ne pas le déranger, je lui ai préciser qu'il pouvait m'appeler quand il le désirait même si j'étais en production.

La production était tellement calme que ma superviseur ne savait plus quoi faire pour récupérer au mieux les chiffres et nous occuper. Elle me demanda donc de cesser les appels et de me relancer dans la tâche qu'elle m'avait demandé la veille. Franchement, ça me gave autant qu'elle se cache derrière le manque de productivité pour qu'on fasse son boulot mais bon je ne peux rien dire de spécial sauf lui envoyer quelques pics quand je le peux.
Elle en profita aussi pour me noter une nouvelle fois. Hormis quelques détails, l'appel était bon (comme dans la plupart des cas). Mais c'est vrai que j'ai perdu des points bêtement.
Une fois revenue de débriefing, je me suis remise à refaire mes questions pour les quizz du mois. Je commençais à être en rupture d'idées à force.

Une demie heure avant mon départ, l'expert me demanda de lui passer les procès verbaux dont il avait besoin. J'avais déjà tout préparer pour éviter de perdre du temps et aussi pour montrer mon efficacité.
Le directeur a fait une remarque a ma superviseur concernant un changement d'organisation. Ce changement soudain, ne me plaisait pas du tout ! Je lui ai forcément demander des explications sans pour autant faire de commentaire mais je n'ai pas mis longtemps pour en avertir ma collègue qui était en congés. Elle m'avait demandé de la tenir informé des évènements et de la contacter en cas de souci de ma part. Je lui avais déjà laissé un message vocal pour l'avertir de la mauvaise foi du directeur et de ma démarche envers l'expert. Elle me félicita et j'entendais bien qu'elle était rassurée que j'avais pris les choses en main. Je vois bien qu'elle ne regrette pas de m'avoir choisi (sourire), ça fait plaisir.
Ce qui m'a fait sourire, je jubilais à l'intérieur, c'est quand j'ai salué tout le monde dès que j'avais fini la production pour souhaite une bonne journée et un bon week-end, le directeur me répondit mais beaucoup plus froidement que d'habitude... Il a cru quoi ? Il a cru que j'allais me rabaisser en étant jeune, manque d'expérience et parce que je n'avais pas mes collègues à mes côtés ?? Faut bien qu'il se mette en tête que malgré mon jeune âge, je n'ai pas ma langue dans ma poche, et que je ne m'engage jamais à la légère !!

En quittant mon lieu de travail, j'hésitais à manger sur place ou plus tard. Je suis dans un premier temps partie comme si de rien n'était et je suis revenue à la raison : je savais très bien que si je décallais mon heure de déjeuner je n'allais plus avoir d'appétit et allait sauter le repas.
J'ai donc fini par faire demi tour et le temps s'étant radouci, je me suis posée sur une chaise dehors tranquille je me suis restaurée vite fait. Je ne me suis pas tardé et je suis partie aussitôt. Pour ainsi dire, personne a remarqué que j'étais revenue (sourires).

Sur le trajet pour me rendre chez la nourrice, j'ai aperçu une amie que je n'avais pas vu depuis longtemps. Elle était contente de me voir et que je puisse lui consacrer quelques minutes. Mon souci est quand je suis partie à bavarder, je ne m'arrête plus, surtout que j'avais pas mal de choses à lui raconter. Je me suis donc retardée pour me rendre chez la nounou.

La nounou m'a acceuilli les bras grands ouverts, comme d'habitude. Elle m'offrit un café. J'ai accepté tout en lui précisant que je ne pouvais pas trop tarder davantage. Nous en avons profité pour parler de mon fils. Elle me confirma, tout comme mon père, qu'il avait très bon appétit et que c'était assez impressionnant. Tant mieux, je préfère savoir cela ainsi. Je comprends mieux pourquoi le soir il mange moins (de plus c'est plus équilibré comme ça). J'en ai profité pour lui dire aussi les projets que nous avons avec Maître. Je voulais juste connaître son avis, savoir si elle aurait réagi comme moi. Effectivement ce fut le cas. On a très bien remarqué, malgré une grande progression que mon fils est fragile psychologiquement et qu'un rien le trouble même s'il n'en parle pas. Le passage au CP va déjà être une étape pour lui mais changer d'école juste après, ce n'est pas forcément bon signe. J'ai pas envie de le perturber !

Je suis remontée de suite. L'heure tournait à une vitesse folle. Malgré que j'ai pu le prévenir, je savais très bien que Maître allait me faire la remarque de mon manque de disponibilité par rapport à ce que j'avais prévu initialement.
Au cours du retour, j'ai croisé mon père avec mon fils. Evidemment, je me suis arrêtée quelques minutes pour discuter et câliner mon petit bout de chou. Idem : je ne me suis pas éternisée. J'ai accélérée une nouvelle fois pour remonter au plus vite.

Comme je m'en doutais, je me suis pris une petite soufflante de la part de Maître. J'ai été étonnée qu'il me fassse le reproche de ne pas le prévenir alors que c'est la première chose que j'ai fait quand j'ai quitté mon amie.
Une fois qu'il m'avait bien remonté les bretelles et que je n'avais qu'une chose à faire : le mettre en veilleuse, nous avons pu discuter tranquillement.
Par rapport à notre discussion de la veille et à ce qui s'était passée aujourd'hui, j'avais plutôt intérêt à faire profil bas et à ne pas tout contester comme je peux trop souvent le faire.
Dommage que de son côté il y est eu un petit souci de connexion. Malgré moi, je me suis assoupi en attendant. C'est bien le fait que je suis fatiguée...
Il faut dire que je n'arrête pas en ce moment !

J'ai pu ensuite aller chercher mon fils. Je vais pouvoir l'avoir que pour moi ! Dire qu'il a été quinze jours en vacances et je ne l'ai presque pas vu. C'est aussi bien pour lui. Je pense qu'il en avais besoin. Il a besoin d'être en famille et de ne pas être toujours dans les pattes de sa maman.

J'ai donc décidé de passer une soirée tranquille pour me reposer et demain tenter de dormir un peu.
J'ai tellement à faire que je ne sais pas si j'arriverais à tout faire ce week-end !

Au moment où j'allais couché mon fils, mon amie m'appela pour me donner des nouvelles du reste de la journée professionnelle. Elle était encore outrée par le comportement de certaines de nos collègues, par le manque de respect notamment. Elle ne comprend pas que c'est en continuant à se taire que ce genre continuera à réagir ainsi.
Je l'ai senti bien fatiguée. Elle était vraiment épuisée : ça s'entendait à sa voix.
J'avoue que j'ai été sadique sur ce coup : j'ai eu un malin plaisir de lui annoncer que je pourrais revoir notre connaissance en commun, un plan sexe. Elle est encore en contact avec actuellement mais n'arrive pas à le convaincre qu'il vienne chez elle alors que moi j'y suis arrivée. Je sais très bien qu'elle n'apprécie pas que je puisse revoir cette personne. J'ai l'impression qu'elle se l'ait approprié. Il faut bien qu'elle comprenne que ce n'est qu'une connaissance et qu'un plan sexe.
Parfois j'ai aussi l'impression qu'elle a tendance à oublier qu'elle connait cette personne grâce à mon intermédiaire et qu'avant d'être un plan sexe me concernant, j'ai eu une histoire avec qui a duré plusieurs mois et que donc, je la connais beaucoup mieux et que c'est un avantage pour moi.
J'avoue que de savoir qu'elle allait et qu'elle a eu les nerfs de savoir que je pouvais encore intéressée cette personne afin de la revoir et qu'il allait être plus disponible pour moi que pour elle, elle allait être frustrée au plus haut point. J'aurais aimé voir sa tête à ce moment là ! Même si ce n'est qu'une histoire sans lendemain, vu comme elle est sensible, susceptible et très naïve, elle va pouvoir comprendre le mal qu'elle a pu me faire (ou qu'elle peut encore me faire) quand elle s'approche trop de Maître sentimentalement parlant. Vu qu'elle n'arrive pas à le comprendre et à se l'avouer concrètement quand je lui dit, même si ça peut prendre du temps, c'est ma façon à moi de la faire réagir ! Elle n'avait qu'à ouvrir les yeux avant !

Suite à la conversation que je viens d'avoir avec Maître, lui parlant justement que cette personne avait repris contact rapidement, Maître m'a remis en place et je me suis déçue toute seule. En réagissant comme j'ai pu le faire ce soir, il est vrai que j'ai pu omettre une partie de mon rôle de soumise et que l'Emilie rebelle a refait surface. Je n'en suis pas fière et je m'en voudrais pendant un long moment... comment j'ai pu oublier à ce point une partie de mon statut ? comment j'ai pu à ce point prendre une partie de la place de Maître sans m'en rendre compte ?? Cet ainsi que j'ai vite perdu le gout le sourire d'avoir été satisfaite de moi d'avoir pu avoir un peu le contrôle depuis fort longtemps (et que ça me manquait mais en tant que soumise c'est difficile de l'avouer mot à mot à Maître directement).

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