Beaucoup d'appréhension au moment des préparations, avant de partir.
Avant de quitter l'appartement, je l'ai quitté amèrement sachant d'avance que la journée serait longue...
Je me préparais mentalement à mon premier jour de grève professionnelle.
Pour une fois, j'étais pressée d'arriver sur mon lieu de travail...
Je suis allée au travail avec une collègue après avoir emmener mon fils à l'école. Ceci me permettait de me sentir soutenue.
Nous avons pris quelques provisions de dernières minutes en cas de besoin afin de garder la motivation des troupes en fonction de la météo ou de l'ambiance.
Nous avons eu de la chance, malgré ce qui était annoncé, nous avons eu le beau temps et il a même fait chaud. Malgré nos diverses ententes, j'ai bien ressenti la solidarité entre nous. Effectivement, c'est le mot maître de la situation. C'était la clé de notre grève réussite de notre côté...
Nous étions soutenu une bonne partie de la matinée par diverses personnalités importantes comme les responsables de notre appartenances syndicales du département. Il y a même eu des responsabilités du mouvement syndicales, pour la même branche, du même secteur d'un département voisin qui ont fait le déplacement pour nous accompagner et nous soutenir dans notre démarche et nos revendications.
Nous avons même d'autres imprévus concernant les médias : une annonce a été effectuée à une antenne radio connue à travers la France et pas mal écoutée dans la région. Dans l'après-midi, une journaliste du journal local a bien pris note de la raison de notre grève et de la situation actuelle du site d'ici et de la société mère dans la capitale. A notre grande surprise (nous en avions fait la demande mais se fut un refus pour une raison de délai), des journalistes d'une chaîne de télévision notamment régionale et locale ont fait leur apparition et ont filmés quelques séances furtives pour nous soutenir et nous permettent de se faire entendre d'avantage (ils se déplaçaient pour une autre cause social dans notre ville).
Et voici ma première apparition (quelques secondes) à la télévision. A peine la diffusion terminée, j'ai eu des nouvelles de certains de mes proches. C'était sûre que j'étais inévitable car personne d'autre ne voulant prendre l'initiative et l'audace de passer à l'écran. Evidemment que j'ai pensé à mon statut avant de prendre ma décision (même si j'avais qu'une minute pour réfléchir). J'ai pensé que mon Maître n'apprécierait pas que je me mette en avant ainsi mais il comprendra très bien qu'au fond, je ne l'ai pas fait pour une raison personnelle mais uniquement pour mes convictions professionnelles.
En effet, mon métier n'est pas évidemment mais dans un premier temps il me plaît. J'ai la chance d'être dans la filière dans laquelle j'ai des connaissances et des acquis qui me servent pour m'améliorer et apprécier ma fonction.
Je trouve intolérable, que depuis maintenant voilà plus de deux ans, la société ayant racheté "notre" site (parmi d'autres) de l'ancienne entreprise que celle-ci nous a ignorés pendant presqu'un an, a commencé à faire un semblant d'intéressement à "nous" (salariés) et sous prétexter des raisons financières, nous exploiter de la sorte pour déguiser un abandon si nous lâchons prise.
Ayant étudier la comptabilité, je comprends qu'il faut du temps pour réintégrer un rachat et le gérer financièrement mais j'ai appris aussi qu'il ait essentiel de ne pas mettre le côté social de côté pour autant en soulignant que sans les employés qui sont en bas de l'échelle, la direction n'existerait pas ! On a autant besoin d'eux comme ils ont besoin de nous mais étant une société importante, ils ont dû l'avoir oublier !
Suite à notre réunion de la veille, comme par hasard, il s avère que des efforts ont été fait de plus en plus depuis quelques mois... sauf que nous sommes au courant de rien et nous n'avons rien de concret ! Comme je l'ai souligné lors de la réunion, c'est paradoxal que dans notre société, dans cette filière, il y ait autant de manque de communication de toute part et qu'avec plus de communication, il est clair qu'on ne serait pas là et on ne serait pas autant révoltés.
On nous rend fautive d'avoir perdu un contrat suite à notre mouvement de grève ! Là c'est un peu gros quand-même... Comment ne pas faire pression ? C'est facile de faire culpabiliser mais c'est moins évident de voir et reconnaître ses erreurs sans lesquels nous n'en serions pas là maintenant.
C'est pour cela qu'il est important de démontrer que nous tenons à nos places et au site et que nous nous battrons tant qu'il le faudra !!
Il est clair que je n'ai pas l'intention de finir ma vie professionnelle dans ce genre de filière (même si je l'apprécie énormement), surtout avec les conditions économiques sociales actuelles (retraite à plus de 60 ans) , mais tant que je serais ici, il est important pour moi de me battre pour garder la chance que j'ai d'avoir une situation professionelle et d'avoir un poste dans ma ville, à proximité...
Ma journée ne se termina pas là. A peine sortie du parking des locaux professionnels, je continuais de tracter seule dans les rues en me rendant à l'école de mon fils pour la réunion parents.
C'était très important pour moi d'y assister.
Dans un premier temps pour connaître et suivre le suivi scolaire de mon fils. J'oublie pas que l'école est l'endroit où mon fils passe les trois quarts de son temps et que c'est une préparation avant l'école primaire.
J'adore l'institutrice de mon fils : elle est droite, directe, franche, compréhensive, professionnelle, s'investit et veut être efficace...
Elle nous a résumé les programmes de la journée de nos enfants. Je suis tombée de haut quand j'ai vu l'intensité de chaque activité prévue. Là je comprends mieux, et je l'ai souligné d'ailleurs, le comportement dissipé, un peu plus fougueux que d'habitude, en fin de journée et début de journée de mon fils. Il est vrai qu'avec ma fatigue de ma journée professionnelle derrière, j'ai du mal à canaliser toute cette énergie qui m'épuise et me stresse d'avantage. J'ai ressenti une pression supplémentaire.
La maîtresse a voulu me parler concernant les réactions de mon fils. Je lui ai bien dit que le problème rencontré se présentait également autant à la maison que chez la nounou ce qui devient, un handicap que je compte bien commencer à prendre en main.
Pour moi, si mon fils rencontre cette difficulté qui est important pour l'avenir, c'est qu'obligatoirement j'ai "merdé" (j'ai pas trouvé d'autres mots aussi fort) quelque part. Résultat je me remets en question sur l'éducation donnée auparavant et l'éducation présente... Il ne faut pas que je perde pied même si je sais que c'est une épreuve supplémentaire me concernant

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