Le réveil se mit en route mais mes yeux restaient fermés, impossible de pouvoir les ouvrir... Le téléphone sonna de si bon matin... Tout en sachant de qui il s'agissait, c'est la preuve que la fatigue était bien là : je n'arrivais même plus à remettre la main sur le téléphone, à tâtons, alors que je savais très bien où il était. J'ai senti un coup de pression car je savais très bien que si je n'arrivais pas à décrocher, j'allais entendre parler du pays... J'allais avoir déjà des réflexions à peine réveiller et ça je n'aurais pas apprécier : j'aurais été de mauvais poil rien que pour ça (enfin, "rien que pour ça"...)
Comme les autres matins, je n'ai pas pu me préparer comme il se devait parce que mon amie n'en a fait qu'à sa tête (enfin qu'à la tête de son fils) de peur que son fils fasse un caprice... Elle n'a pas suivi les conseils que je lui avais donné la veille. Je n'ai rien dit, je l'ai laissé faire connaissait comment ça allait se passer mais me pénalisant sur mon temps de préparation, j'allais me servir le soir même pour lui en parler et désormais lui imposer, n'ayant plus le choix pour ma part !
En amenant mon fils à l'école, j'en ai profité pour demander de nouveau les coordonnées du psychologue de l'école ayant perdu les coordonnées que la maîtresse m'avait communiqué.
A peine sortie de l'école, je courus à la maison pour pouvoir enlever la toute la préparation que j'avais pu faire la veille me rendant compte qu'au final, ça n'allait pas. Il ne fallait pas que je perdre de temps, plus vite j'étais rentrée, plus vite je pouvais avancer et être prête à pouvoir monter les meubles tranquillement ce soir.
J'ai eu le temps de remettre en place comme il se devait et faire une brindille de ménage avant de me rendre au travail.
Idem, je n'ai pas eu le temps de pouvoir souffler qu'il fallait que j'accours pour me rendre au travail afin d'éviter de m'y rendre en retard. J'ai eu de la chance : je n'ai pas eu le temps de pouvoir reprendre ma respiration, juste le temps de prendre une grande aspiration que j'ai dû enfiler le casque sur mes oreilles et me loguer aussitôt.
La journée passa assez vite dans l'ensemble. A ma grande surprise, j'ai eu une tâche supplémentaire concernant mon travail, chose qu'on me demande rarement, voir en dernier recours, pas de chance, nous avons eu pas mal d'appels qui m'empêcha d'avancer dans cette tâche. Au moment où j'avais le temps de pouvoir la faire, la responsable de site me demanda de changer d'opération. Cela me dérangea car je ne pouvais pas être efficace dans la tâche supplémentaire qu'on m'avait demandé dans la matinée.
Au final, je suis arrivée à m'en sortir tout en faisant quatre opérations différentes en cours de la journée alors que normalement je dois seulement en faire que trois... sauf que ça ce n'est pas à moi d'y faire attention donc ce n'est pas moi qui me ferait taper sur les doigts. De plus, je sens bien qu'il y aura de l'arrangement pour ne pas que la direction s'aperçoive de cette erreur...
Après ma journée, je devais me préparer à aller voir et ramener le meuble de salon que Maître et moi avons vu sur un site internet de vente dans la région.
J'ai donc réussi à me rendre chez le vendeur particulier qui habite un village pommé à une quinzaine de kilomètres d'ici.
Nous avons trouvé facilement, ce qui me rassura. Dans un premier temps, je fus impressionnée par sa demeure. Une grande maison avec une grande cour. Nous n'avons pas osé rentrer dans la cour pour se garer dans un premier mais on s'est rendu compte que pour ne pas gêner, nous n'avions pas le choix.
J'ai pris mon courage à deux mains et je sonnais avec mon oncle à mes arrières (et oui, il fait sa forte tête en famille mais au fond c'est un grand timide, c'est ce que j'appelle "un gros nounours" et l'ami de ma maman pas loin derrière.
Nous avons fait connaissance quelques minutes et je vis notre futur meuble mais je ne voyais pas la table. Elle était déjà démontée, rangée au garage (nous avons pu la voir après).
Concernant le transport, il était sûr qu'on pouvait s'arranger pour transporter les meubles dans le "kangoo" mais pour la table s'était mission impossible.
Finalement, mon oncle a trouvé un arrangement pour pouvoir tout récupérer plus tard dans le week-end. Quand il a eu cette bonne idée, j'ai eu comme une épine enlevée du pieds : cela me permettait d'avoir moins de pression concernant l'organisation et beaucoup moins de fatigue... J'aurais été une épave si tout se serait déroulé comme prévu. Je me suis enfin dit "je vais pouvoir souffler un peu" !!
Contrairement aux autres soirées, Maître ne s'est pas éternisée au téléphone. Nous avons été coupés pour des raisons professionnelles le concernant qui me permit de me restaurer tranquillement en famille : avec mon fils, mon amie et son fils. J'ai même pu regarder une partie de ma série préférée quotidienne à cette heure-ci.
Maître m'a dit qu'il allait me laisser la soirée pour récupérer en ayant besoin. C'est vrai que j'en ai besoin, c'est même certain mais je pense aussi que de son côté, sachant qu'il a eu confirmation qu'il ne partirait pas en mer, comme ça aurait pû être le cas, voulait en profiter pour se ménager de son côté afin de reprendre des forces : autant mentales que physiques, surtout par rapport à ce qu'il a pu me dire la veille, n'osant pas en parler à mon amie pour ne pas l'inquiéter à ce sujet (j'ai respecté cette décision et j'en ai rien dit pour autant).
J'ai profité de cette soirée pour me détendre un peu tout en avançant dans nos tâches quotidiennes auxquelles nous avions pris quelque peu du retard suite au rythme effreiné de ces derniers jours.
J'espère fortement aussi pouvoir respirer demain. Pouvoir souffler, pouvoir prendre du recul par rapport à l'opération de mon fils prévue en ce samedi...
Etant mère de famille, c'est normal que je m'inquiète un peu, que j'appréhende. Je suis d'accord que ça ne sert à rien de se lamenter à ce sujet ou de m'en rendre malade, ça ne servirait à rien également, j'en suis consciente mais je m'inquiète quand-même pour mon fils.
J'ignore comment je vais pouvoir gérer de le souffrir sans pouvoir rien faire pour autant. De plus, ce qui est aussi frustrant pour moi est que ce sont ses grands-parents paternels qui vont subir cela au lieu de "moi" sa maman...
Il serait à peine rentré qu'il repartira aussitôt... et là je ne vais pas pouvoir le voir pour une semaine... Je sais que c'est pour son bien mais ça me dérange de ne pouvoir être à ses côtés à des occasions pareilles. Cela fait partie de mon rôle de maman d'être au côté de mon fils en toute circonstance mais ma profession m'en empêche...

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