Comme je me doutais la veille, le réveil fut difficile : en général, si je m'endors de mauvaise humeur ou énervée, quelque soit l'état, je m'en réveille de même au lendemain. Ce fut encore pire en étant réveillée par un caprice du fils de mon amie, profitant qu'elle est le dos tourné pour embêté le mien !
Dès que mon fils est calme, il ne peut pas s'empêcher de l'embêter : faut toujours qu'il cherche la petite bête. Il n'a pas l'habitude non plus que sa mère ne soit plus autant "collée" après lui et il en abuse si j'interviens pas.
Mon amie a sûrement fait trop de laisser aller sur l'éducation de son fils mais je comprends la cause : son ex ! J'ai la rage contre lui à ce sujet en particulier. N'étant pas mature lui même, ne voyant rien d'autres que l'argent, il a délaissé et délaisse complètement l'éducation de son fils de crainte de faire face à un caprice... et après c'est mon amie qui passe pour la méchante de service parce qu'elle veut remettre les choses en ordre pour le bien de son enfant.
En arrivant à l'école de mon petit bout de chou, j'ai prévenu sa maîtresse pour l'opération prévue ce week-end et son absence qui suivra les quinze prochains jours. Je lui ai fait comprendre que ça me gênait qu'il loupe autant l'école mais que c'était un cas de force-majeur et que je m'arrangerais pour qu'il ne soit pas autant absent, selon son état.
Au cours du trajet pour me rendre à mon travail : mon amie m'y a rejoint afin de ne pas se sentir seule, ne prenant qu'une heure plus tard la concernant. Résultat, elle m'a accompagné jusqu'au travail et est restée sur les lieux, n'ayant rien à faire de particulier aujourd'hui et pour éviter les va-et-viens inutiles.
La matinée m'a parue longue. Plus, je regardais les heures passées plus j'avais l'impression que ça fonctionnait à reculons. Une horreur ! Le pire fut de contrôler mes coups de barre. Pendant l'attente de communication, il m'arrivait de piquer du nez sans que je m'en rende compte !
Ne pouvant pas me permettre de ne pas manger, et suite aux évènements de la veille, je n'ai pas pu préparer de repas à l'avance, il était hors de question que je saute un repas ! Il fallait que je trouve une solution pour me restaurer, au moins acquérir des forces pour le reste de la journée car je sentais mon corps aussi lourd qu'une enclume.
Après longue réflexion, la seule solution, même si elle me plaisait guère, étant de me rendre au restaurant rapide. Bien entendu, je n'y pas aller seule : il était illogique pour moi de m'accorder d'aller au Mc Donald et de laisser mon amie seule au travail alors qu'elle subissait mon stress de la veille !
Nous avons donc pris le temps de pouvoir se parler calmement, en dehors de la maison et en dehors du travail, ce qui est tout autre.
Personnellement, j'avais faim mais le repas a eu du mal à passer. Il était impératif que je me reprenne en main et que j'arrête de stresser ! Il faut que je laisse les choses se faire mais c'est plus facile à dire qu'à faire.
De suite, je me suis rendue à la visite médicale que j'avais oublié la semaine dernière, suite aux évènements.
A ma grande surprise, ce ne fut pas le docteur habituel qui me suivit mais une infirmière. Elle m'expliqua le nouveau fonctionnement suite au nouveau rattachement entre infirmières et médecins de travail.
Nous avons donc fait un bilan complet de mon état, autant physique que mental. J'ai eu beau cacher un maximum ma fatigue, celle-ci s'est perçue dans ma baisse de tension et par mes tremblements soudains.
Je suis rassurée de savoir que mon audition fut correcte (j'avais des craintes mais tout va bien), que ma vue s'est améliorée. Le seul bémol fut mes problèmes urinaires (que j'ai toujours connues depuis adolescentes). J'en connais la cause : je ne bois pas assez dans une journée complète. Si je ne bois que de l'eau, je n'arrive pas à boire plus de la moitié d'un litre.
Vu les résultats, l'infirmière m'a mise en garde à ce dernier propos qui pourrait s'aggraver et attaquer mes reins si je continue à faire ainsi. Ayant de plus en plus mal au dos, même si j'en parle beaucoup moins souvent (pour éviter de me plaindre), cela m'a alerté ! L'infirmière m'en a parlé car elle a trouvé un peu de sang dans mon extrait d'urine. C'est pas bon signe du tout pour moi. Elle a prétendu que c'était parce que je venais d'être en fin de cycle mais que c'est à surveiller de près quand-même.
Quand je me suis rendue à mon travail après cette visite, je fus contente d'avoir louper une heure de production. Je me suis dit que l'après-midi allait passer plus rapidement.
Même pas ! Aucun avancement, les minutes passaient mais toujours cette même impression de faire du sur-place.
Quand j'étais inactive, ayant une production, moins dense, il fallait que je trouve une solution pour m'occuper l'esprit : ne pas penser à mes soucis de la visite médicale, cesser d'en vouloir à Maître alors que je sais qu'il a agit uniquement pour donner du bien, arrêter de penser au retour de mon fils de la veille !
J'étais tellement pressée de rentrer : rien le fait de me sentir chez moi, cela me permet de m'apaiser au moins quelques minutes.
Mon amie voit bien que je suis exténue et que Maître m'en demande toujours, qu'il ne me ménage pas pour autant, même s'il est plus tolérant qu'auparavant comme en m'autorisant des siestes ou des moments ou je puisse souffler (ce qui est appréciable me concernant mais il ne faut pas que j'en prenne trop l'habitude).
Nerveusement, je suis à deux doigts de craquer : je n'ose pas dire à mon amie que je ne peux plus voir en peinture son propre fils suite à son comportement, qu'il me stresse rien de savoir que je vais devoir le supporter après mon travail, après une journée chargée, après une journée où j'ai autre chose à faire que faire la police ou reprendre mon amie si nécessaire.
C'est pareil, c'est difficile pour moi de pouvoir faire le juste milieu la concernant. Si j'interviens de trop, ça fonctionne que je le veux mais je me glisse trop dans son rôle de maman et quelque part la dénigre indirectement à ce sujet et si j'interviens pas assez, mon amie se laisse débordée soit en étant pas assez ou trop stricte concernant son enfant. Plusieurs fois, j'ai envie de la reprendre et de lui conseiller telle ou telle manière de procéder mais je n'ai plus la force mentale de me battre pour ça car elle le prendrait très mal et en souffrirait...
Quand, je suis rentrée, je me suis aperçu que Maître fut déconnecté. Je fus déçue mais il ne fallait pas que je baisse les bras pour autant !
C'est aussi pour cette raison que j'ai mis tant de coeur à donner un coup de main à la préparation du repas alors que j'en avais aucune envie. De plus, j'avais un présentiment sur l'échec de ce dîner. J'avais une totale confiance en mon amie mais c'est en les ingrédients que je n'avais pas confiance et je ne me suis pas trompée. Je me suis forcée un peu à manger mais franchement, hormis la garniture, le reste est vraiment infecte !!! Problème de cuisson, certainement, je pense !
Voilà... j'ai déjà passé une journée forte désagréable, le repas en fut de même et avec tout ça, Maître qui en remet une couche sur mon manque de disponibilité à son égard ! Ma priorité entre mon amie et Maître ne se pose même pas mais entre mon fils et Maître, c'est tout autre chose. Il était hors de question que je traîne (comme souvent) sur la préparation de la soirée pour ne pas que mon fils se couche trop tard... comme pas mal de fois en cours de fin de semaine dernière par exemple !

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