Envie de rien.
Pas envie de me lever, pas envie de faire mon rôle de maman, pas envie de faire mon rôle de soumise.
Ce dont j'ai envie, je ne peux l'avoir maintenant et de toutes façons, je n'ai pas le droit d'avoir envie de plus...
J'ignore si c'est l'ennui par moment ou l'appréhension de la reprise ou la frustration sexuelle qui me fait parler ainsi mais je suis en mal et en manque de tout : en manque d'écoute, en manque de compréhension, en manque de soumission autant psychologique que physique, en manque de la présence de mon Maître.
Je suis en manque de ses ordres, de ses réprimandes, de sa douceur, de son regard se posant sur mon corps, de ce regard qui peut changer du tout au tout mes ressentis, passer du sourire à l'humiliation... En manque de sentir sa peau si chaude contre mon corps à nu, de sentir ses doigts se promenant sur mon corps, jouant avec mon excitation et ma soumission, jouant avec mes désirs et mes devoirs avec un doigt sur mon collier pour me rappeler ma place...
J'appréhende pas mal la reprise. Je sais que l'ambiance professionnelle n'est pas forcément au beau fixe par des tensions d'ici et de là. En plus, je me suis rendue que je n'avais pas eu mes primes ce mois-ci donc je vais devoir règler cela.
Je suis sûre aussi que ma collègue qui est déléguée syndicale, va insister pour que je fasse la grève parce qu'elle connaît mes pensées par rapport au thème de celle-ci. La dernière fois, j'ai prétexté un manque de disponibilité de ma nourrice mais elle a très bien deviner que ce n'était pas la réelle raison. Elle ne comprend pas parce que lors de ma première réunion syndicale, j'ai fait part de mes opinions pour les retraites et celles-ci correspondaient à 100% à une salariée qui veut se défendre exprimer ses valeurs, l'avenir de son enfant notamment...
Il est impossible de lui dire que ce sont les pensées (pour moi égoïste) de mon Maître qui m'empêchent de m'exprimer car ce sont les siennes qui prennent le dessus.
D'ailleurs d'autres personnes ne comprennent pas que je ne réagisse pas, aussi révolutionnaire que je suis. Notamment mon père qui lui aussi, grèviste, même en recherche d'emploi... Mon entourage me connaisse très bien et le fait d'être soumise ne me suppriment pas mes opinions.
Je suis révoltée quand je m'aperçois que la soumission de mon Maître est poussée à telle point qu'il en oublie que nous sommes en démocratie...
Le positif c'est que j'ai eu la chance d'avoir mon Maître au téléphone. Il me demanda de mes nouvelles. J'ai bien senti qu'il n'était pas comme d'habitude. Je me trompe peut-être mais je le sentais en peine. J'aime pas ça, j'aime pas le sentir comme ça. Sans le vouloir, j'ai dû remettre le couteau dans la plaie en lui soulignant que je ne comprenais nullement son refus que je puisse parler avec un chatteur avec qui je m'entends très bien. C'est le seul qui puisse me comprendre et prends compte de mon état en plus d'une formule de politesse... Mais bon, c'est ainsi, mon Maître a pris sa décision mais au fur et à mesure, je ne prends pas sa veille comme de la protection mais comme une possessivité déplacée.
Enfin, inutile de polémiquer des heures et des heures là dessus : je n'ai qu'un seul droit, me la fermer et obéir comme une bonne petite chienne... en manque de soumission proprement dit !


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